Le bilan de la crue dévastatrice au Népal et en Chine s'aggrave à 273 morts
La crue gigantesque et dévastatrice survenue mercredi à la frontière du Népal et de la Chine a fait au moins 273 morts et plus de 1.300 disparus, dont des centaines de touristes étrangers, ont annoncé les autorités jeudi.
Le puissant mur d'eau et de boue qui a submergé la région, balayant des villages entiers, a coûté la vie à 270 personnes côté népalais, selon un nouveau bilan de la police locale, et à 3 autres dans le territoire chinois voisin du Tibet.
Selon l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS), la vague a été causée par l'effondrement d'une partie d'un glacier, d'une violence telle qu'il a été enregistré comme un séisme de magnitude 5,2 et a causé de nombreux glissements de terrain.
Au Népal, elle a balayé la vallée de la rivière Trishuli dans le district de Nuwakot, au nord de Katmandou, et celle de la Bhotekoshi à l'est de la capitale.
"Tout est fini", a constaté auprès de l'AFP Omkar Joshi, 35 ans, réfugié sur les hauteurs de la ville népalaise de Timure. "Ce n'est plus qu'un gigantesque cimetière. Il ne reste plus que du sable et des pierres trempés du rouge du sang des morts".
Vingt-quatre heures après le passage de ce mini-tsunami, les autorités népalaises restent jeudi sans nouvelle de 823 personnes, selon un décompte de l'autorité népalaise en charge des situations d'urgence.
Parmi eux figurent 517 ressortissants étrangers.
- "Continuer à chercher" -
Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, a par ailleurs indiqué qu'une centaine de ressortissants chinois étaient portés manquants côté népalais, dont des touristes et des pèlerins.
Au cœur de l'Himalaya, cette région du Népal est très prisé des , notamment pour gravir le mont Everest.
Une vidéo de surveillance vérifiée par l'AFP montre un bâtiment imposant de plusieurs étages et plusieurs personnes tentant de fuir soudainement engloutis par les flots.
Une autre, également authentifiée, montre une vague gigantesque, comparable à un tsunami, s'abattre sur un parking en surplomb d'une rivière, paisible quelques instants plus tôt, balayant des autocars et un bâtiment avec une force dévastatrice.
"Mon frère aîné fait partie de ceux qui ont disparu", a témoigné auprès de l'AFP Subash Khatani, venu jeudi matin à l'hôpital Bir, à Katmandou, dans l'espoir d'obtenir de ses nouvelles. "On continue à le chercher".
Le Premier ministre népalais Balendra Shah s'est rendu jeudi dans les zones sinistrées pour "évaluer de lui-même les dégâts" et "accélérer" les opérations de secours, a indiqué son secrétariat.
- Evacuations -
Fait rare, le président chinois Xi Jinping s'est exprimé peu après la catastrophe.
"La priorité absolue est la mobilisation de tous les moyens pour rechercher et secourir les personnes disparues, évacuer et reloger les habitants en danger, soigner rapidement les blessés et réduire au maximum le nombre de victimes", a-t-il déclaré.
"Des villages entiers et des marchés ont été rayés de la carte", a déclaré David Fisher, responsable au Népal de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).
Parmi les ressortissants étrangers disparus figurent 178 Indiens, 65 Américains, 53 Ukrainiens, 51 Malaisiens, 33 Britanniques, 25 Canadiens, 15 Australiens et 12 Israéliens, a détaillé le bureau du tourisme népalais.
Quatre Français étaient également portés disparus.
- "Tournée des hôpitaux" -
L'organisateur népalais de randonnées Himalayan Glacier a précisé à l'AFP qu'il restait sans nouvelle d'un de ses groupes composé de 47 personnes. "Nos équipes font la tournée des hôpitaux où les victimes sont acheminées", a dit son directeur, Sanket Pandey.
Comme de nombreux autres responsables politiques, le Dalaï Lama a offert jeudi ses "prières" aux victimes et ses "sincères condoléances à toutes les personnes en deuil et affectées par la tragédie".
Dans une déclaration, le chef spirituel tibétain en exil a également espéré que des mesures seraient prises pour "éviter que de tels désastres ne se reproduisent".
Un premier rapport technique publié jeudi par le gouvernement népalais met en garde contre une possible deuxième vague.
"Le lac qui s'est constitué (après l'avalanche) au niveau du fleuve ne s'est toujours pas totalement libéré", avertit-il, ajoutant que la "possibilité d'une nouvelle coulée (...) ne peut être immédiatement écartée".
Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson d'été (juin-septembre) au Népal, au Tibet et dans toute l'Asie du Sud.
Selon les scientifiques, le changement climatique accroît l'intensité et la fréquence de tels événements.
A.Meyers--LiLuX