Crue dans l'Himalaya: au moins 623 morts, les recherches de disparus continuent
Les secouristes redoublent d'efforts samedi pour rechercher quelque 2.500 disparus et évacuer les rescapés bloqués à la frontière entre le Népal et la Chine, trois jours après la terrible crue qui a fait au moins 623 morts et laissé un paysage de dévastation.
"Toutes les habitations près de la rivière ont été emportées. Il ne reste plus rien", lâche Buddhi Ram Dangol, un rescapé rencontré par l'AFP côté népalais.
Le désastre, dans cette région prisée des alpinistes et pèlerins, a fait au moins 623 morts à ce stade - 616 au Népal selon les derniers chiffres de la police, et sept côté chinois -, sans compter sept corps repêchés très loin en aval, en Inde, dont la provenance n'a pas été confirmée.
Les disparus, eux, sont un peu moins de 2.500, 1.924 au Népal - dont 517 étrangers -, et 554 en Chine - dont 260 étrangers.
L'organisme népalais chargé de la gestion des catastrophes a signalé que 933 employés d'une centrale hydroélectrique faisaient partie des gens avec lesquels le contact était perdu.
L'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS) a expliqué que ce cataclysme, survenu mercredi, avait été provoqué par l'effondrement d'un glacier, déclenchant une vaste coulée de débris glacés qui a tout ravagé sur son passage.
Selon la Croix-Rouge, jusqu'à 93.000 personnes pourraient avoir été affectées par cette catastrophe.
Alors que les chances de retrouver des survivants diminuent, les secouristes redoublent d'efforts pour atteindre les zones touchées, où les dégâts compliquent les livraisons de vivres et d'eau.
Le tout sous le risque de nouvelles inondations. Ce déluge de glace et de boue a entraîné la formation d'immenses lacs qui risquent de déborder ou céder, dont l'un constitue une menace directe pour les secouristes.
Vendredi, les opérations de secours avaient été perturbées aussi bien du côté népalais que chinois en raison d'alertes liées à de possibles coulées, levées par la suite.
- "Tous emportés" -
A la frontière, l'armée népalaise a localisé des rescapés piégés dans le tunnel de la centrale hydroélectrique de Trishuli 3A, et cherche à les extraire.
"Deux hélicoptères ont été déployés, mais c'est difficile car il est compliqué de trouver les entrées du tunnel", a indiqué à l'AFP Raja Ram Basnet, porte-parole de l'armée.
Environ 350 employés du site et riverains ont été emmenés en sécurité, a-t-il ajouté, mais plus d'une centaine sont toujours bloqués.
Des travailleurs évacués d'autres barrages de la vallée du Trishuli insistent sur la vitesse terrifiante de ce désastre.
Buddhan Tamang affirme qu'il n'a survécu que parce qu'il se trouvait à l'intérieur d'un tunnel quand les eaux se sont déchaînées. "Les responsables qui travaillaient de l'autre côté ont tous été emportés", relate à l'AFP cet homme secouru par hélicoptère jeudi, après 24 heures.
- Pompiers hélitreuillés -
De l'autre côté de la frontière, au Tibet, les secours sont compliqués par la pluie, la coupure des routes d'accès, le relief escarpé et le risque de débordement d'une retenue d'eau en surplomb.
Selon Chine nouvelle, un peu plus de 500 secouristes -- sur un total de 2.141 à présent sur place -- ont pu accéder, non sans d'importantes difficultés, au centre de la zone sinistrée, près du poste-frontière dévasté de Gyirong, situé à 1.830 mètres d'altitude aux portes du Népal.
Alors que la zone est inaccessible aux journalistes étrangers, la télévision publique CCTV a diffusé des images de pompiers casqués traversant un torrent à l'aide de bateaux pneumatiques noirs, ou hélitreuillés un par un vers l'autre rive à l'aide d'un puissant drone.
La chaîne a aussi montré des pelleteuses et bulldozers tentant de rouvrir des voies d'accès, ainsi que des secouristes aux côtés de groupes électrogènes et d'antennes de télécommunication provisoires, en train d'établir une stratégie de progression.
Située dans le massif de l'Himalaya, la région du Népal qui a subi cette tragédie attire en temps ordinaire randonneurs et alpinistes du monde entier. C'est aussi un lieu de pèlerinage pour les hindous et les bouddhistes tibétains.
Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson - entre juin et septembre - au Népal, au Tibet et dans toute l'Asie du Sud. Selon les scientifiques, le changement climatique accroît leur intensité et leur fréquence.
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E.Klein--LiLuX