Un juge entend les arguments des deux camps dans le nouveau bras de fer entre Trump et les médias
Un juge fédéral américain va entendre mercredi les arguments des deux camps dans le nouveau bras de fer entre Donald Trump et les médias, CNN, MS NOW et Politico ayant été décrétés persona non grata à la Maison Blanche.
Le président républicain a créé la surprise le 18 septembre en annonçant verrouiller "avec effet immédiat" les accès des chaînes CNN et MS NOW, ainsi que du média en ligne Politico, les accusant de relayer de "fausses informations".
Les trois médias ont répliqué lundi en saisissant la justice contre une atteinte "directe au Premier amendement" de la Constitution américaine, garantissant la liberté de la presse, et une violation "flagrante de nos principes constitutionnels les plus fondamentaux".
Ils ont demandé au juge de suspendre immédiatement cette décision, en attendant qu'il statue ultérieurement sur le fond.
Ce magistrat a fixé une audience sur cette demande de suspension mercredi à 15H30 (19H30 GMT) à Washington.
Dans un argumentaire versé au dossier en vue de cette audience, le ministère de la Justice revendique le droit pour le président des Etats-Unis d'interdire aux médias l'accès à certaines zones de la Maison Blanche, à sa seule discrétion.
"L'accès à la Maison Blanche est un privilège, pas un droit", assène le ministère dans ce document présenté mardi soir.
Il reprend ainsi les mêmes arguments énoncés contre l'agence de presse Associated Press, pilier du journalisme américain, écartée en 2025 du Bureau ovale pour avoir refusé d'adopter l'appellation "Golfe d'Amérique" pour le Golfe du Mexique.
Le gouvernement assure par ailleurs que cette exclusion ne constitue pas une action de "représailles" contre une couverture de l'administration Trump par CNN, MS NOW et Politico jugée "négative", faisant valoir que "le président n'a pas annulé l'accès à d'autres médias qui l'ont également critiqué".
- "Informations sensibles ou classifiées" -
Le ministère justifie aussi la décision présidentielle par des considérations de "sécurité nationale", reprochant aux trois médias visés d'avoir "publié des informations sensibles ou classifiées" dans leur couverture de la guerre en Iran ou encore des travaux de construction de la salle de bal de la Maison Blanche.
Il verse au dossier trois lettres datées de mardi adressées par le service de presse de la Maison Blanche à chacun des médias exclus, détaillant de nombreux "incidents de couverture" pour expliquer leur bannissement et leur donnant jusqu'à vendredi pour les contester formellement.
Il est en particulier reproché à CNN, MS NOW et Politico leurs informations des derniers mois sur la pénurie de munitions des forces armées américaines du fait de la guerre contre l'Iran, contestée par Donald Trump, mais qu'un rapport du Pentagone a confirmée mi-septembre.
Le président américain s'en est à nouveau pris mardi à CNN devant la presse en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York. "Je suis surpris que CNN soit ici pour me couvrir, vous ne devriez pas être là", a-t-il dit.
L'affaire a été attribuée, par pure coïncidence, à un juge déjà saisi pendant le premier mandat de Donald Trump du cas d'un journaliste de CNN privé d'accréditation après un échange tendu avec le président républicain.
Le magistrat en question avait exigé que la Maison Blanche lui rende son badge, ce qu'elle avait fait au bout de douze jours.
Donald Trump a laissé entendre ces derniers jours qu'il s'attendait à une nouvelle décision favorable aux médias, indiquant déjà sur son réseau Truth Social qu'il "ferait appel".
L.Hoffmann--LiLuX