A Lourdes, les pèlerins séduits par un pape "simple" et proche des plus vulnérables
A Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées, sur un sanctuaire historiquement dédié à l'accueil des malades, les pèlerins venus en nombre participer à la messe papale ont affiché leur enthousiasme pour Léon XIV, un souverain pontife "simple" et "proche" à l'écoute des plus vulnérables.
"Quand on a su que le pape venait à Lourdes, on a tout de suite réservé nos places!" Jérome Vion, 54 ans, tee-shirt parme siglé "Génération Léon", s'est installé dimanche face au podium, avec quelques personnes handicapées dont il s'occupe en région parisienne.
L'endroit, désormais au cœur d'un sanctuaire devenu l'un des principaux lieux de dévotion catholique mondiaux, accueille chaque année environ trois millions de personnes, dont de nombreux malades en quête de guérison, lors de grands pèlerinages saisonniers.
- Fauteuils roulants -
Parmi les 150.000 fidèles présents pour la célébration, beaucoup rappellent cette vocation spécifique de Lourdes, où selon l'église catholique, se seraient produites 72 guérisons miraculeuses.
La présence du pape montre "qu’il est très touché par la maladie, le grand âge", souligne ainsi Béatrice de Coincy, retraitée de chez Airbus. Elle, qui s'occupe "beaucoup de (sa) maman très âgée, qui a 98 ans, qui a beaucoup de difficultés", en attend "un message pour les plus démunis, quelque chose qui a besoin d’être dit et rappelé en France".
Dans son homélie prononcée devant des premiers rangs occupés par des centaines de fidèles installés dans les grands fauteuils roulants bleus du sanctuaire, le souverain-pontife répond à son attente en soulignant que la grotte de Lourdes représente "un sanctuaire de l'espérance chrétienne" "face aux courants actuels qui cherchent à redéfinir la valeur de la vie humaine devant la maladie, la souffrance ou la vieillesse".
- "Auprès des pauvres" -
"Ici aucune fragilité n'est rejetée" et "vos béquilles, vos fauteuils roulants, vos larmes cachées ne sont pas des obstacles", a-t-il lancé, sous les applaudissements d'une foule d'où surnagent des drapeaux régionaux ou nationaux signalant la variété des origines des pèlerins réunis sous le soleil.
Enthousiastes, ils confient leur joie d'être venus à la rencontre d'un pape qu'ils considèrent "très proche des gens", comme le dit Mercedes Avello, 32 ans, responsable de ressources humaines venue de Pampelune (Espagne), avec un groupe de 150 personnes.
"Il a un regard et un visage qui attirent, une simplicité", renchérit Patrick, 75 ans, qui ne souhaite pas donner son nom.
Foulard orange du diocèse d'Agen autour du cou, il rappelle que Robert Francis Prevost, aujourd'hui chef spirituel des 1,4 milliard de catholiques dans le monde, a exercé comme missionnaire: "en Amérique du Sud, il était auprès des pauvres, des démunis".
- "légal" et "moral" -
La simplicité du pape, c'est aussi ce que veut retenir Grégory Christides, 60 ans, enseignant marseillais, pour la première fois à Lourdes: "Je ne suis pas catholique, je suis chrétien orthodoxe et le message du pape (...) me convient tout à fait".
"Il rassemble les gens, il est très proche du peuple et je pense que c’est ce qui fait son succès, on a besoin de gens qui ne sont pas dans un rapport hiérarchique mais très proches de nous tous", dit-il.
En milieu d'après-midi, Léon XIV a rencontré des malades ainsi que des personnels bénévoles et salariés chargés de leur accueil sur le sanctuaire.
Dans la lignée de son homélie du matin, il a répété que les malades n'étaient "pas un poids" mais "le coeur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l'Eglise".
Quelques mois après l'adoption en France d'une loi instaurant un droit à l'aide à mourir, il a en outre insisté sur le fait qu'il était "impossible de considérer comme normal de donner la mort".
"Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral", a-t-il dit avec force, applaudi par l'assistance, opposant la "dignité inaliénable de la personne humaine" à la "tentation de donner la mort sous couvert de fausse compassion".
E.Winandy--LiLuX