Le géant suisse Nestlé veut donner la priorité à quatre domaines d'activité
Le groupe suisse Nestlé, secoué par le rappel de produits dans les laits infantiles, a dévoilé jeudi ses projets pour relancer sa croissance lors de la publication de ses résultats annuels, disant vouloir donner la priorité à quatre domaines d'activités.
Le géant de l'alimentation entend se concentrer sur le café, les produits pour animaux de compagnie et la nutrition, qui représentent ensemble 70% du chiffre d’affaires, ainsi que sur les marques régionales de premier plan dans les produits culinaires et snacks, a-t-il indiqué dans un communiqué.
Le nouveau patron, Philip Navratil, entend mettre l'accent sur les marques "les plus fortes", avec "une allocation optimisée des ressources" et en augmentant les investissements sur les produits "à fort potentiel", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Le groupe entend rationaliser le portefeuille de produits, évoquant des "négociations avancées en vue d'une vente à Froneri du reste de nos activités dans le domaine des glaces" et précise avoir "entamé le processus d'engagement formel avec des partenaires potentiels" durant le premier trimestre, expliquant que cette "activité devrait être déconsolidée à partir de 2027".
- Chiffre d'affaires en baisse -
Pour 2025, Nestlé a publié un bénéfice net en baisse de 17% à 9 milliards de francs suisses (9,9 milliards d’euros) et un chiffre d’affaires en repli de 2%, à près de 89,5 milliards de francs, a-t-il indiqué dans un communiqué.
Par comparaison, les analystes interrogés par l'agence suisse AWP tablaient en moyenne sur un bénéfice de 10,08 milliards de francs et 89,57 milliards de francs de chiffre d’affaires.
Sa croissance organique, qui permet de jauger ses vetes hors effets de chages et acquisitions ou cessions, s'est élevée à 3,5%, les volumes de ventes progressant de 0,8%, les hausses de prix contribuant, elles, à la croissance à hauteur de 2,8%.
Pour 2026, Nestlé vise une croissance d'environ 3% à 4%, ces prévisions incluant notamment l'impact des ruptures de stock à la suite du rappel des laits infantiles, indique-t-il.
En septembre, Philipp Navratil, l'ancien directeur de Nespresso, a repris les commandes après le licenciement de Laurent Freixe suite à une relation amoureuse non-déclarée avec une subordonnée directe. Son prédécesseur, Mark Schneider, avait été subitement évincé en août 2024 dans un contexte d'érosion des ventes.
Depuis la vague d'inflation de 2022, la croissance du groupe aux plus de 2.000 marques s'étiole, la hausse des prix poussant les ménages à tailler dans leurs dépenses au profit des marques de distributeurs des supermarchés. Le groupe a également essuyé plusieurs revers entre le scandale autour des pizzas Buitoni en 2022, de ses eaux en bouteille depuis 2024 et d'un vaste rappel de laits infantiles depuis décembre.
Le groupe suisse, numéro un mondial des laits pour bébés, avait lancé un premier rappel en décembre après avoir détecté de petites quantités de céréulide, une toxine susceptible de provoquer des vomissements et diarrhées, sur une ligne de production aux Pays-Bas.
Au fil des analyses, il avait identifié un ingrédient, une huile riche en acide arachidonique, venant d'un fournisseur comme source de la contamination et procédé à un plus large rappel début janvier touchant cette fois plus de soixante pays dans le monde. D'autres fabricants ont également été affectés, dont Danone ou Lactalis, et ont dû lancer des rappels similaires.
D.Adrovic--LiLuX