En face du ministère de l'Economie, Attac dénonce les aides publiques aux multinationales
Fumigènes rouges et banderoles sur le toit de l'Accor Arena en face du ministère de l’Économie : les militants d'Attac ont dénoncé mardi matin les aides publiques aux multinationales. La banderole de 40 mètres proclame : "Des milliards pour les multinationales, Bercy beaucoup !".
Sur le parvis, une dizaine d'activistes, imperméables rouges sur le dos, brandissent des pancartes à l'effigie de plusieurs dirigeants de multinationales représentés en bébé, selon eux "biberonnés aux aides publiques", comme Patrick Pouyanné de TotalÉnergies ou Jean-Marc Chéry de STMicroelectronics.
"Nous dénonçons le scandale des aides publiques mis en lumière par le Sénat", proclame un militant au micro. "Il faut cesser de biberonner ces pauvres bébés", ajoute-t-il. Un autre lance de faux billets siglés "211 milliards d'euros".
"Pas un euro d'aide publique pour les entreprises qui pratiquent l'évasion fiscale", réclame Raphaël Pradeau, le porte-parole de l'organisation. "100% des entreprises du CAC 40 ont des filiales dans les paradis fiscaux", dénonce-t-il.
Ces actions accompagnent la publication d'une note sur le versement des aides publiques aux "multinationales qui pratiquent l'évasion fiscale". L’organisation alter-mondialiste affirme que plusieurs multinationales “émargent à des dispositifs de soutien tout en ayant des filiales dans les paradis fiscaux”.
Attac inclut dans les paradis fiscaux des territoires et des pays non inscrit dans la liste noire de l'Union Européenne, comme la Suisse, le Luxembourg ou les Bermudes.
Selon un sondage de l’Ifop, commandé par Attac et publié mardi, 78 % des personnes interrogées pensent que “les entreprises qui utilisent des paradis fiscaux pour réduire leurs impôts ne doivent plus recevoir d’aides publiques”.
Dans un rapport publié le 8 juillet 2025, une commission d'enquête du Sénat chiffrait ces aides à 211 milliards d'euros pour l'année 2023. Au terme de six mois de travaux, elle avait recensé 2.267 dispositifs d'aides publiques aux entreprises, déplorant que les données ne soient pas centralisées par l'administration.
L'estimation du Sénat a été régulièrement brandie par la gauche pour réclamer davantage de contribution des entreprises au budget, les organisations patronales estimant pour leur part que le Sénat avait en substance mélangé les torchons et les serviettes dans ses calculs qu'elles jugeaient exagérés.
J.Faber--LiLuX