La Banque d'Angleterre maintient comme attendu son taux directeur à 3,75%
La Banque d'Angleterre a maintenu jeudi son taux directeur inchangé pour la quatrième réunion d'affilée, à 3,75%, confortée par l'apaisement au Moyen-Orient malgré les risques d'inflation qui demeurent au Royaume-Uni.
Dans le protocole d'accord pour mettre fin à la guerre que viennent de signer les Etats-Unis et l'Iran, ceux-ci se sont engagés à la réouverture du détroit d'Ormuz, artère cruciale dans le transit pétrolier -ce qui diminue les anticipations de hausse des prix.
"Les prix du pétrole ont baissé ces derniers jours, et c'est encourageant. Mais ils sont toujours plus hauts qu'avant la guerre", a pointé le gouverneur de la BoE, Andrew Bailey, dans un commentaire joint au compte-rendu de la réunion de politique monétaire.
"Quoiqu'il se passe à l'avenir, les prix de l'énergie plus élevés de ces quatre derniers mois signifient que des pressions inflationnistes sont déjà présentes", a-t-il insisté.
Deux membres du Comité de politique monétaire (MPC) de la BoE sur neuf ont d'ailleurs voté en faveur d'une hausse de 0,25 point de pourcentage.
Malgré l'envolée des prix de l'énergie, l'inflation britannique est restée stable en mai, à 2,8% sur un an, selon des chiffres publiés mercredi, là où les analystes tablaient sur une légère accélération.
En se basant sur les prix au 15 juin, l'institution monétaire s'attend à ce que l'inflation reste tout juste sous 3% au troisième trimestre, et à peine au-dessus de 3,25% au dernier.
Alors qu'elle prévoyait d'abaisser son taux avant la guerre pour donner un coup de pouce à une économie à la peine, la BoE avait ouvert la voie en avril à une hausse en raison de la flambée des hydrocarbures.
Même avec une résolution du conflit, la banque centrale britannique estime que restaurer la production d’énergie et le transit via Ormuz pourrait prendre du temps.
"Mais le marché de l'emploi continue de se détendre, et les signes d'affaiblissement de l'économie pourrait contenir les pressions inflationnistes", spécule-t-elle.
Dans la foulée de l’annonce, la livre sterling, déjà en baisse avant, perdait 0,53% face au billet vert, à 1,3223 dollar.
La veille, la Réserve fédérale américaine (Fed) a elle aussi opté pour le statu quo, mais n'a pas exclu un tour de vis monétaire face à l'inflation, tandis que la Banque centrale européenne (BCE) a relevé son taux directeur la semaine dernière.
La Banque nationale suisse (BNS) et la banque centrale norvégienne ont également laissé leurs taux inchangés jeudi.
R.Martins--LiLuX