Fibre Excellence: ultime délai pour conforter l'offre de reprise du papetier déposée par Pigasse
Le tribunal de commerce de Toulouse a repoussé lundi au 27 juillet l'examen de l'offre de reprise de Fibre Excellence déposée par le financier Matthieu Pigasse, offrant un ultime délai au groupe papetier en redressement judiciaire.
A la sortie de l'audience, l'actuelle direction du groupe, qui ne fait plus partie de l'offre de reprise, a annoncé ce report décidé par le tribunal.
Ce nouveau délai doit être mis à profit pour "demander à l'Etat des ajustements techniques pour sauver toute une filière, deux usines et des emplois", a précisé Matthieu Levieille, directeur général du groupe de M. Pigasse, Combat Holding.
Le tribunal a bien fait savoir aux parties prenantes que cette offre "serait la dernière" pour les usines de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et de Tarascon (Bouches-du-Rhône), à l'arrêt depuis avril, a expliqué Cédric Bye, délégué CGT chez Fibre Excellence.
"Il faut donc que l'Etat prenne ses responsabilités et accompagne le repreneur le temps que les directives demandées soient mises en place" concernant les conditions d'approvisionnement en bois, la réintégration des quotas CO2 et le prix de l'électricité qui doivent, selon le projet, aider à retrouver la rentabilité de ces usines historiques, a détaillé M. Bye.
"Il faut que l'Etat fasse le nécessaire pour nous aider à porter une offre qualitative et porteuse d'avenir", a souligné le bras droit de M. Pigasse.
- Reprendre les échanges avec Bercy -
M. Levieille a indiqué que Combat Holding, leader d'un groupe d'investisseurs dans cette offre de reprise de quelque 100 millions d'euros, avait "obtenu des temps de parole qui ont été assez limités avec le ministère à Bercy". "On espère très vite reprendre les échanges", a-t-il ajouté.
"On attend de l'Etat une saisie très rapide du dossier", a-t-il répété.
Financier réputé de gauche, M. Pigasse avait déposé jeudi devant le tribunal de commerce une offre de dernière minute pour reprendre le groupe papetier et ses 660 salariés. Cette offre est portée par son holding associé notamment à deux fonds gérés par les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Un tour de table doit être finalisé avec des investisseurs de la filière bois et papier, l'offre ayant reçu une quarantaine de lettres d'intention d'acteurs de la filière bois pour soutenir le projet, a précisé M. Levieille.
"Combat est venu car le poids de la filière est important avec 5.000 à 10.000 emplois indirects", a poursuivi le dirigeant du holding. "C'est un actif industriel unique à préserver. C'est aussi un marché d'avenir", a-il relevé, en évoquant la perspective de diversification vers la fabrication d'une différente sorte de pâte à papier.
Le plan de financement comprend une reprise des actifs pour un euro symbolique (6 euros en fait, portant sur le groupe divisé en six sociétés) et des investissements de 107 millions d'euros.
Ils sont répartis entre un pool d'investisseurs rassemblés autour de M. Pigasse (8 millions d'euros, dont 5 pour Combat Holding), deux fonds régionaux (8 millions), une aide aux financements énergétiques (Sofiac, 45 millions) ainsi que des prêts de l'Etat et bancaires.
Le plan d'affaires s'étale en quatre phases jusqu'en 2035, selon l'offre de reprise obtenue par l'AFP.
J.K.Gengler--LiLuX