Safran relève ses prévisions et se prépare à "tous les scénarios" pour les futurs avions
Propulsé par la dynamique de l'aviation civile et la hausse des livraisons de son moteur vedette Leap, le motoriste français Safran a relevé mardi ses prévisions annuelles et assuré être prêt à répondre à "tous les scénarios" retenus par Airbus et Boeing pour leurs futurs avions.
"Nous avons publié des résultats records pour le premier semestre, dépassant nos prévisions. Ils reflètent essentiellement l'incroyable dynamique du marché de l'aéronautique civile comme nous avons encore pu l'observer la semaine dernière au salon de Farnborough au Royaume-Uni", a déclaré le directeur général de Safran Olivier Andriès au cours d'une conférence téléphonique pour les agences de presse.
Au cours de ce salon aéronautique international organisé un an sur deux en alternance avec Le Bourget en France, Safran a signé un partenariat historique avec la compagnie indienne IndiGo portant sur plus de 1.000 moteurs Leap pour équiper 510 Airbus A320neo, ainsi que sur le soutien à la création de son futur centre de maintenance.
"C'est le plus gros contrat qu'on ait jamais signé avec une compagnie aérienne", a souligné Olivier Andriès.
- Rentabilité "record" -
Safran a livré entre janvier et juillet 1.030 moteurs Leap qui équipent tous les Boeing 737 MAX et près de 60% des Airbus A320neo, les avions les mieux vendus des géants américain et européen, en hausse de 41% par rapport à la même période de 2025.
Cette activité "exceptionnelle" dans les moteurs civils a dopé les résultats du groupe.
Le motoriste a ainsi enregistré au premier semestre une rentabilité "record" de 18,4% en hausse de 1,4 point par rapport à la même période de 2025.
Le bénéfice net ajusté a grimpé de 21% à 1,9 milliard d'euros, tandis que le chiffre d'affaires a progressé de 19% à 17,6 milliards, selon Safran, qui publie ses résultats en données ajustées (des effets de change et des changements de périmètre) qu'il estime plus pertinentes "pour refléter les performances économiques réelles du groupe et permettre leur suivi et leur comparabilité avec celles de ses concurrents".
Safran, qui motorise également l'avion de combat français a par ailleurs livré "33 moteurs M88 pour le Rafale, soit trois fois plus qu'au premier semestre 2025, en ligne avec la montée en cadence annoncée de 2 à 4 Rafale par mois entre 2025 et 2029", a ajouté Olivier Andriès.
"Forts de ces excellents résultats au premier semestre, nous avons décidé de relever l'ensemble de nos prévisions annuelles", a déclaré le patron de Safran.
Safran prévoit désormais une croissance du chiffre d'affaires de l'ordre de 15% (contre 12% à 15% auparavant) et un flux de trésorerie disponible de 4,7 à 4,9 milliards d'euros contre 4,4 à 4,6 milliards auparavant, malgré un impact négatif d'environ 500 millions d'euros lié à la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises et au calendrier de certains paiements.
La progression du chiffre d'affaires des pièces de rechange est, elle, attendue à 25%, contre environ 15% auparavant.
- "Ouvert à tous les scénarios" -
Ces perspectives reposent notamment sur une hausse attendue des livraisons de 16% à 19% (contre 15% auparavant) des moteurs Leap.
Alors qu'Airbus et Boeing préparent la prochaine génération de leurs avions avec des stratégies de moteur différentes, Safran dit être ouvert à "tous les scénarios" avec son programme Rise, Revolutionary Innovation for Sustainable Engines (Innovation révolutionnaire pour des moteurs durables).
Airbus semble privilégier la solution d'un moteur open fan dont les pales ne sont pas entourées par une nacelle, contrairement aux moteurs actuels, une technologie de rupture qui permet de maximiser le gain en consommation de carburant, d'environ 20%.
Safran et Airbus ont annoncé à Farnborough que des essais en vol de ce moteur "révolutionnaire" seraient effectués d'ici la fin de la décennie avec l'A380.
Boeing temporise dans le lancement du successeur de son 737 MAX et préfère à ce stade une architecture de moteur conventionnelle améliorée.
"Nous travaillons sur un certain nombre de modules de moteurs. Les avionneurs prendront la décision de savoir quelles solutions de propulsion ils choisissent pour leur futur moyen courrier. Nous devons rester ouverts et prêts à tous les scénarios. Et c'est ce qui se passe", a déclaré Olivier Andriès interrogé par l'AFP.
T.Sabotic--LiLuX