Berlin plaide pour une taxe européenne sur les superprofits pétroliers
Plusieurs pays, Allemagne en tête, ont plaidé vendredi pour l'instauration d'une taxe de l'UE sur les superprofits des groupes pétroliers, qui sont alimentés par le conflit au Moyen-Orient, une piste que la Commission européenne continue d'écarter.
Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a dit à des journalistes attendre "que la Commission européenne présente enfin des propositions sur ce à quoi pourrait ressembler une taxe sur les superprofits, en particulier ceux des compagnies pétrolières", à l'occasion d'une réunion ministérielle à Dublin.
Il a reproché à l'exécutif européen une "réticence" à s'emparer de ce dossier.
Les ministres des Finances de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Autriche, de la Pologne et du Portugal, ainsi que la ministre de l'Économie de l'Espagne, avaient réclamé en août une taxe exceptionnelle européenne sur les compagnies pétrolières, leurs bénéfices ayant explosé en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Plusieurs de ces pays avaient déjà réclamé en avril l'instauration d'un prélèvement sur les bénéfices des compagnies pétrolières. Ils plaident que cela permettrait de financer des mesures pour les consommateurs et entreprises affectés par la flambée des prix de l'énergie.
Mais leurs demandes sont restées jusqu'ici lettre morte, et la Commission a une nouvelle fois botté en touche vendredi.
Au niveau national, "les Etats membres peuvent déjà instaurer une taxe sur les bénéfices exceptionnels, s'ils le veulent", a souligné lors d'une conférence de presse Valdis Dombrovskis, le commissaire européen aux affaires économiques.
Le ministre français de l'Economie, Roland Lescure, a de son côté rappelé que toute mesure qui serait prise au niveau européen ne pourrait être "uniforme" et devrait tenir compte des spécificités de chaque pays.
"Ce choc nous affecte tous, mais il affecte chacun de nous de manière différente", a-t-il souligné.
Sans rentrer dans ces débats, le ministre irlandais des Finances, Simon Harris, dont le pays exerce la présidence tournante de l'UE, a fait valoir que la mesure de loin la plus efficace pour lutter contre les prix élevés des carburants restait "une désescalade au Moyen-Orient et la réouverture du détroit d'Ormuz".
Les entreprises du secteur énergétique ont vu leurs gains s'envoler depuis que les États-Unis et Israël ont lancé une guerre contre l'Iran en février, ce qui a entraîné une réduction du trafic dans le détroit d'Ormuz, axe de transit clé pour les exportations de pétrole et de gaz.
L.Olinger--LiLuX