Wall Street dans le vert, ravie des chiffres de l'emploi américain
La Bourse de New York progresse nettement vendredi, satisfaite des derniers chiffres de l'emploi aux Etats-Unis, dont la faiblesse donne des arguments à la banque centrale du pays (Fed) pour attendre avant de relever ses taux directeurs.
Vers 14H10 GMT, le Dow Jones gagnait 0,57%, l'indice Nasdaq prenait 1,61% et l'indice élargi S&P 500 s'octroyait 0,96%.
Le chômage a légèrement grimpé le mois dernier aux États-Unis, passant de 4,1% à 4,2%, et les créations d'emploi ont surpris par leur faiblesse, à 29.000 contre 85.000 attendus par les marchés.
Le service statistique du ministère du Travail a aussi révisé à la baisse les embauches de juillet et août.
Pour Jamie Cox, analyste de Harris Financial Group, "il n'y a désormais plus aucune chance que les taux (directeurs, ndlr) soient relevés en octobre".
La Réserve fédérale américaine a comme double objectif de viser le plein emploi et de lutter contre l'inflation.
Avec la flambée des cours de l'énergie, son mandat sur la hausse des prix a été sur le devant de la scène, conduisant l'institution à engager un durcissement monétaire en septembre, le premier en trois ans.
Le dernier rapport sur l'emploi "ne fait pas disparaître" les craintes inflationnistes, mais il vient tempérer l'idée que le marché du travail est suffisamment solide pour que la Fed puisse l'ignorer, estime Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com.
L'hypothèse d'un statu quo de la Réserve fédérale en octobre est désormais privilégiée par les investisseurs, avant une possible hausse lors de la réunion suivante, en décembre, selon l'outil de veille CME FedWatch.
Les actions américaines profitent de cette dynamique car un environnement monétaire accomodant est propice aux bénéfices des entreprises.
Sur le marché de la dette, la réaction aux chiffres de l'emploi a été sans appel: l'ensemble des taux obligataires américains a largement diminué.
"C'est la nouvelle que les obligations attendaient (...) mais les rendements à long terme restent élevés", souligne Natalia Lojevsky, de CIFC Asset Management.
Le taux d'emprunt à échéance dix ans des Etats-Unis évoluait autour de 5,20% vers 14H00 GMT. Il avait clôturé la veille à 5,24% après avoir grimpé jusqu'à 5,34%, un niveau inédit depuis 2002.
Outre l'évolution des attentes monétaires, le mouvement de baisse de côté des bons du Trésor s'explique aussi par le net recul des prix du pétrole vendredi.
Côté entreprises, le spécialiste des véhicules électriques Tesla gagnait 5,48% à 373,51 dollars après voir fait état de livraisons de véhicules supérieures aux attentes au troisième trimestre.
En revanche, le groupe de vêtements et d'équipements sportifs Nike plongeait après avoir partagé des résultats trimestriels inférieurs aux attentes et à ceux de l'année passée. Pour rebondir, l'entreprise a prévu "un nouveau modèle opérationnel" qui devrait notamment entraîner des suppressions d'emplois, dont l'ampleur n'a pas été précisée.
Son titre lâchait 5,49% à 33,22 dollars. Sur un an, la chute est vertigineuse, le titre ayant perdu plus de la moitié de sa valeur (-55%).
Les spécialistes des disques durs Seagate (-12,07%) et Western Digital (-10,79%) dévissaient après un article du média japonais Nikkei assurant que leur concurrent Toshiba allait doubler sa production et investir plus de 380 millions de dollars pour augmenter ses capacités dans ses usines aux Philippines.
H.Lentz--LiLuX