Lecornu reçoit les syndicats, Macron appelle à "la fermeté"
Après une nouvelle nuit de couvre-feux localisés, Sébastien Lecornu reçoit mercredi les organisations syndicales, qui exigent des réponses politiques à leurs revendications. Emmanuel Macron a de nouveau appelé à "la fermeté" envers les auteurs des violences et convoqué une réunion avec les services de renseignement sur les défaillances du 17 octobre.
Depuis le Qatar, où il achève une tournée de trois jours dans le Golfe, le chef de l’Etat a affirmé que "la main ne doit pas trembler au sommet de l'Etat" pour punir les casseurs.
Aucune annonce n'a été faite quant aux revendications. Promettant "la transparence", il a convoqué une réunion jeudi avec les services de renseignement, accusés d'avoir mal anticipé la mobilisation sociale du 17 octobre.
La stratégie de maintien de l'ordre reste aussi très décriée.
Le Défenseur des droits (DDD), chargé notamment de veiller au respect de la déontologie par les forces de l'ordre, a annoncé mardi avoir reçu 46 saisines depuis le début du mouvement lycéen, dont "plus d'une dizaine" concernent des faits datant du week-end.
"On ne répond pas à une mobilisation sociale par de la répression, on répond à une mobilisation sociale par des réponses politiques aux revendications", a taclé mercredi la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet à son arrivée à Matignon où elle est reçue avec les autres organisations syndicales par Sébastien Lecornu.
Le syndicat doit dire dans la journée s'il appelle à se joindre au nouvel appel lancé par certains gilets jaunes à manifester samedi.
Des figures politiques de tous bords ont de nouveau dénoncé mercredi ce qu'ils perçoivent comme une défaillance du pouvoir. L'ex-chef de l'Etat François Hollande a attaqué un gouvernement "faible" et un président "absent", tandis que le candidat Horizons à la présidentielle Edouard Philippe a critiqué le maintien du voyage d'Emmanuel Macron dans le Golfe.
Emmanuel Macron "assume totalement d'avoir maintenu" ce déplacement et assuré que les Français allaient avoir grâce à cette tournée un "juste retour" sur les prix du gazole notamment.
La favorite des sondages Marine Le Pen (RN) s'en est prise à "un pouvoir finissant" qui "n'a plus la main".
L'exécutif cherche toujours une issue à la crise, déterminé d'abord à rétablir l'ordre.
Plusieurs couvre-feux ont été instaurés pour une deuxième nuit consécutive, comme dans l'hyper-centre de Marseille depuis 22H00 mardi et au moins jusqu'à vendredi inclus, tandis qu'à Toulouse, un couvre-feu nocturne est prévu de jeudi à dimanche dans le centre-ville.
- Absence des lycéens -
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez assiste aussi à la réunion, alors que, outre les nouvelles manifestations attendues samedi, une grande mobilisation nationale professionnelle est annoncée par une intersyndicale pour le 5 novembre.
La CFDT a averti qu'il n'était "pas question de ne parler que de l'organisation de la mobilisation".
Elle a déploré, avec la CGT, l'absence des organisations lycéennes à Matignon, où M. Lecornu entend aborder "les réponses" à leurs revendications qui portent sur les emplois du temps, les remplacements, la rénovation des bâtiments ou Parcoursup.
Le chef du gouvernement a promis pour les lycéens des "premières annonces" en "début de semaine prochaine", dont le Parlement pourra "s'emparer" dans le débat budgétaire.
- "Pouvoir d'achat", la "priorité" -
"Le pouvoir d'achat, qui est la priorité des salariés et des agents, doit être traité urgemment. Et surtout les organisations de jeunesse sont absentes de ce rendez-vous, alors que la question de la réponse à leurs revendications est à l'ordre du jour", regrette le premier syndicat français dans une déclaration à l'AFP.
Sébastien Lecornu recevra à leur tour jeudi les partis politiques, pour revenir sur les "difficultés rencontrées" le 17 octobre et aborder "la sécurisation" de la campagne présidentielle, exigeant de ses interlocuteurs "la condamnation de la violence", selon un courrier aux partis.
Sur les 557 gardes à vue après les violences et pillages commis à Paris, 300 personnes ont "comparu" pour l'heure "devant un magistrat" et aucune n'a "revendiqué un mobile de quelque nature politique qu'il soit", a relevé mardi soir la procureure de Paris Laure Beccuau, alors que le gouvernement accuse "l'ultragauche" des violences.
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O.Bernard--LiLuX