Après la tornade, une rentrée pas comme les autres pour les enfants de Pomas
"Il était primordial que les enfants soient tous ensemble, retrouvent leurs copains": en route vers un centre aéré où une école provisoire a été aménagée, les enfants de Pomas (Aude) se souviendront de cette rentrée scolaire bouleversée par une tornade d'une rare violence qui a dévasté leur école une semaine plus tôt.
Eugénie, qui fête ses huit ans mardi le jour de sa rentrée en CE2, attend le car mis en place par l'agglomération de Carcassonne qui à 07H30 va désormais convoyer les enfants depuis Pomas, une commune située entre Toulouse et Perpignan, vers La Bastide de Couffoulens, un centre aéré en pleine nature à dix minutes de là.
Il y a une semaine, lundi 24 août à 17H20, une tornade d'une violence exceptionnelle s'est abattue sur le village, explosant les fenêtres, détruisant toitures et voitures. Une cinquantaine de personnes ont été blessées.
"Sur les 476 maisons du village, 80% sont impactées et 35 ne pourront pas être réintégrées", a indiqué mardi le maire, Hervé Giné.
Les autorités locales, notamment le président de Carcassonne aglo, Régis Banquet, ont écrit une lettre au Premier ministre pour faire reconnaître l'événement en catastrophe naturelle et permettre un accès au Fonds de reconstruction, ce qui n'est pas le cas pour l'instant.
Les deux bâtiments de l'école primaire du village, qui compte 90 élèves, ont été particulièrement touchés. La marelle de la cour est jonchée de tuiles cassées, les piliers du auvent sont pliés, un chaos de petits bancs de maternelle et de poussettes abandonnées gît sous un toit crevé.
Face à cette désolation, l'ancienne bâtisse du centre aéré de Couffoulens, nichée sur une butte entre les pins, est convertie en salles de classe. Elle offre "un lieu magique, apaisé et rassurant", assure Régis Banquet alors que parents et enfants arrivent peu à peu sur l'enclos aménagé en cour d'école.
Des bénévoles, dont les joueurs de l'équipe de rugby à XIII de Limoux, ont transporté le mobilier scolaire, les bureaux et le tableau numérique "pour que les enfants retrouvent leur environnement", dit le président de l'agglomération.
- Se retrouver tous ensemble -
"Il était primordial que les enfants soient tous ensemble, retrouvent leurs copains", explique le maire de Pomas devant quelques journalistes.
"C'est la solution la plus adaptée, le fait qu'ils se retrouvent tous ensemble", approuve Cindy Perez, mère de deux enfants.
"Dans la maison, on a eu très peur", ajoute-t-elle alors que sa petite fille tremble encore lorsqu'elle voit des nuages gris "comme la tornade" ou entend un avion "comme le bruit de la tornade".
Dans la Bastide reconvertie, une cellule d'écoute et de psychologues va rester plusieurs semaines à la disposition des enfants visiblement traumatisés.
"On s'est vu mourir. On a la chance d'avoir encore une maison", raconte Julie Calmon dont le fils, Mael, cinq ans, est "encore sur les nerfs et fait beaucoup de cauchemars".
Une autre jeune maman, enceinte de son troisième enfant, qui est relogée en Airbnb, raconte comment elle s'est enfermée dans les WC avec ses deux enfants et le chien alors que les vitres de sa maison explosaient.
Deux copines, Juliette et Nina, huit ans, entrent en CE2. "Ça fait bizarre d'être là", disent-elles au milieu des élèves qui s'égayent sous les pins.
"Mais on est contentes, on n'est pas séparées", ajoute Juliette. Pour tous, la tornade sera un souvenir effarant: "Il y avait des canapés, des lits dans les vignes", se souvient-elle.
"J'ai peur que ça recommence", reconnaît pour sa part Eugénie en tenant la main de sa petite soeur.
Les autorités locales espèrent réinstaller les enfants sur Pomas en début d'année 2027 dans des préfabriqués qui avaient servi à l'école de la commune de Trèbes lors des inondations de 2018.
Une situation provisoire qui pourra durer encore "deux, trois ans en attendant une reconstruction", selon le président de l'agglomération.
U.Kremev--LiLuX