Premier tour des municipales: le RN en tête à Toulon et LFI à Roubaix
La France insoumise en bonne position pour emporter Roubaix et le Rassemblement national en tête à Toulon: les premières estimations du premier tour des élections municipales tombent dimanche dans un scrutin marqué par une participation historiquement faible qui se tient à 13 mois de la présidentielle.
Les résultats vont s'égréner au fil de la soirée, notamment ceux de Paris-Lyon-Marseille, où la mairie est très disputée.
A Roubaix, le député insoumis David Guiraud prend une sérieuse option en vue du second tour avec 45% des voix, devant les listes de droite, du reste de la gauche et du RN en position de se maintenir, selon une estimation de l'Ifop-Fiducial.
Le combat sera plus serré à Nîmes où le RN Julien Sanchez et la gauche hors LFI (Vincent Bouget) sont dans un mouchoir de poche tandis que le centre (Julien Plantier) et la droite (Franck Proust) sont en mesure de les supplanter en cas d'alliance. A Toulon, selon Elabe, la députée RN Laure Lavalette est largement en tête, avec environ 40% des voix, mais avec peu de réserves pour le second tour.
A Perpignan, le maire RN Louis Aliot est réélu dès le 1er tour selon Ipsos-BVA-Cesi.
A Besançon, la droite menée par Ludovic Fagaut est en mesure de remporter la ville, sauf si la maire sortante écologiste Anne Vignot accepte de s'allier avec LFI.
- Fusion-désistement -
Partout la question des alliances en vue du second tour de dimanche prochain va être cruciale. Les chefs de liste qualifiés ont jusqu'à mardi 18H00 pour décider s'ils se maintiennent, fusionnent ou se désistent.
A gauche, l'inimitié entre socialistes et La France insoumise fait peser un risque de bascule sur certaines villes.
Raphaël Glucksmann, probable candidat à la présidentielle, a répété dimanche soir qu'"aucun candidat" Place publique ne pourra rejoindre une liste où figure LFI pour le second tour.
De l'autre côté de l'échiquier politique, l'extrême droite entend bien supplanter par endroits la droite ou faire tomber un cordon sanitaire et l'aspirer dans une alliance.
Ces tractations constitueront autant de tests avant l'échéance présidentielle de 2027, pour l'instant dominée dans tous les sondages par un RN au-dessus de 30%.
L'érosion de la participation a continué dimanche, malgré une élection qui traditionnellement intéresse les Français. Les différents instituts de sondage tablent sur une participation comprise entre 56% et 58,5%, contre 63,55% en 2014, dans la continuité d'une baisse observée depuis plus de 40 ans, particulièrement chez les jeunes et dans les quartiers populaires.
Un chiffre qui n'a été plus bas qu'en 2020 en pleine pandémie de Covid-19.
Si les Français restent attachés aux maires, plus appréciés que les élus nationaux, la mobilisation a peut-être aussi été pénalisée par une fin de campagne éclipsée par la guerre au Moyen-Orient.
En outre, les macronistes étant très peu implantés, il est difficile d'utiliser ce scrutin pour sanctionner l'exécutif, à la différence de 2008 sous Nicolas Sarkozy ou de 2014 sous François Hollande.
Enfin, le manque d'alternatives peut aussi affecter la participation: avec des listes uniques dans 68% des communes, le choix est quasi-inexistant pour les électeurs, qui n'ont par ailleurs, d'après les nouvelles règles en vigueur, plus le droit d'ajouter ou de rayer les noms de candidats ("panachage").
- Philippe bien placé au Havre -
Quelque 48,7 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes - dont 358.000 ressortissants de l'Union européenne.
Au total, 93% des communes, qui n'ont qu'une ou deux listes à départager, connaîtront leur maire dès dimanche soir.
Mais l'incertitude est importante dans les grandes villes où peu d'édiles sont assurés d'être reconduits.
A Paris, les perspectives de victoire du socialiste Emmanuel Grégoire ou de la candidate Les Républicains Rachida Dati seront ainsi très différentes si Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sophia Chikirou (LFI) et Sarah Knafo (Reconquête) dépassent ou non les 10% et décident ou non de se maintenir.
La question se posera aussi à Marseille pour le maire sortant de gauche Benoît Payan et le candidat du Rassemblement national Franck Allisio donnés largement en tête devant Martine Vassal (LR) et l'Insoumis Sébastien Delogu. Ou encore à Toulouse où le divers droite sortant Jean-Luc Moudenc mise sur une triangulaire avec socialistes et Insoumis.
Grands vainqueurs de 2020, les Ecologistes sont sur la défensive à Strasbourg ou Bordeaux. Mais à Lyon, le maire Grégory Doucet croit en une "remontada" face à l'ex-patron de l'OL Jean-Michel Aulas, dont l'avance a fondu dans les sondages.
Paris, Lyon et Marseille connaissent leur première municipale depuis la réforme du mode de scrutin, avec élection "directe" du conseil municipal en plus des secteurs ou arrondissements.
Peu implanté localement, le Rassemblement national entend gagner des villes petites et moyennes dans le sud-est et le nord, et ajouter Toulon, voire Marseille, à Perpignan pour celles de plus de 100.000 habitants.
Quant aux Insoumis, ils espèrent outre ravir Roubaix créer la surprise dans certaines villes franciliennes.
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe est bien positionné pour le second tour au Havre, selon des chiffres officieux, lui qui a fait de sa réélection le prérequis pour poursuivre sa candidature à l’Élysée en 2027.
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Y.Theisen--LiLuX