Cinq morts dans des frappes israéliennes au Liban, le Hezbollah intensifie ses attaques
Des frappes israéliennes sur le Liban ont tué au moins cinq personnes jeudi, l'armée israélienne annonçant de son côté la mort "au combat" d'un soldat dans le sud du pays, où des affrontements l'opposent au Hezbollah pro-iranien.
Une frappe israélienne contre un bâtiment dans la région de Nabatiyeh dans le sud a fait deux morts, selon selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Des images de l'AFP montrent un petit bâtiment partiellement effondré et de la fumée s'élevant des décombres, alors que les secouristes et les pompiers s'activent sur place.
Une autre frappe israélienne dans la ville frontalière de Bint Jbeil a fait trois morts, selon l'Ani.
Mercredi, le ministère de la Santé avait annoncé que les frappes israéliennes avaient tué 1.094 personnes depuis le début de la guerre, dont 121 enfants, et fait plus de 3.000 blessés et plus d'un million de déplacés.
Le décès du soldat israélien porte à trois le nombre de soldats israéliens tués dans le sud du Liban depuis le 2 mars, date à laquelle le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale.
Jeudi, l'armée israélienne a affirmé avoir tué 700 membres du Hezbollah depuis le début de la guerre. Le mouvement chiite de son côté n'annonce jamais le nombre de ses combattants tués.
Alors qu'Israël manifeste sa détermination à intensifier sa campagne militaire au Liban contre le mouvement islamiste, ce dernier a revendiqué une série d'attaques contre les troupes israéliennes qui mènent une incursion terrestre dans le sud du Liban.
Il a en particulier affirmé avoir visé dans la nuit le complexe du ministère israélien de la Défense à Tel-Aviv, ainsi que des objectifs militaires dans le nord d'Israël.
Des tirs de roquettes ont visé la localité de Khiam, théâtre d'affrontements entre les combattants du Hezbollah et l'armée israélienne, indique la même source.
- Aide humanitaire égyptienne -
Dans une vidéo diffusée par son bureau, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi soir qu'Israël était en train d'élargir la "zone tampon" au Liban pour "éloigner la menace des missiles" du Hezbollah.
A l'heure où Washington semble chercher une porte de sortie diplomatique à la guerre américano-israélienne contre l'Iran, Israël manifeste au contraire sa détermination à poursuivre et intensifier sa campagne militaire au Liban contre le Hezbollah, allié de Téhéran.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdel Ati, a annoncé jeudi à Beyrouth la livraison de 1.000 tonnes d'aide humanitaire égyptienne, et appelé à la fin immédiate de "l'agression" israélienne.
Le ministre a de nouveau affirmé l'engagement de l'Egypte pour mettre fin à la guerre, dans le cadre des pourparlers indirects en cours entre les Etats-Unis et l'Iran par le biais du Pakistan.
"Le Hezbollah doit cesser de lancer des attaques contre Israël. Et Israël doit cesser ses opérations militaires et ses frappes contre le Liban, où les civils sont le plus touchés", a pour sa part plaidé mercredi le secrétaire général de l'ONU.
"Le modèle de Gaza ne doit pas être reproduit au Liban", a insisté Antonio Guterres.
Mercredi, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté toute négociation "sous le feu" avec Israël, alors que le gouvernement libanais appelle à des pourparlers avec le pays voisin.
Il a demandé aux autorités libanaises de revenir sur leur décision de "criminaliser" l'action militaire de sa formation, que Beyrouth a décidé d'interdire début mars.
Le Hezbollah et son allié chiite, le mouvement Amal, ont fustigé la décision des autorités d'expulser l'ambassadeur d'Iran, en raison de son "ingérence" dans les affaires libanaises.
Des mouvements proches de la formation pro-iranienne ont appelé à un rassemblement de soutien jeudi après-midi devant l'ambassade d'Iran, à la lisière de la banlieue sud, pilonnée par l'aviation israélienne.
R.Decker--LiLuX