Moyen-Orient: les taux d'intérêt des dettes d'Etats se stabilisent, les Bourses sans élan
Le marché de la dette des Etats s'est stabilisé après avoir été sous pression et les places boursières évoluent prudemment lundi, face au blocage persistant du détroit d'Ormuz qui ravive la peur de l'inflation parmi les investisseurs.
On assiste à des "craintes croissantes autour d'un retour durable des pressions inflationnistes", résume John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.
Après avoir flambé vendredi, les taux d'intérêt de la dette des Etats se stabilisent lundi à un haut niveau.
En Europe, le rendement de la dette allemande à échéance dix ans, référence sur le continent, atteignait 3,13%, vers 11H10 GMT, contre 3,16% vendredi en clôture et 3,04% jeudi soir.
Son équivalent français restait stable par rapport à vendredi, à 3,75%. Jeudi, ce taux n'était qu'à 3,66%. Le rendement de l'obligation italienne s'élevait à 3,87% contre près de 4% (3,96%) plus tôt dans la journée.
- Le blocage d'Ormuz pèse -
"La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping" de la semaine dernière "n'a pas abouti à des résultats spectaculaires, se limitant à la poursuite de la trêve commerciale et à l'annonce de nouveaux mécanismes de dialogue", expliquent les analystes de Natixis.
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième du pétrole brut mondial, reste donc toujours bloqué en l'absence d'accord entre Téhéran et Washington, ce qui continue de maintenir la pression sur les prix.
Vers 14H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché européen perdait 1% à 108,17 dollars. Le WTI américain reculait plus franchement (1,81%) à 103,51 dollars.
La hausse du pétrole commence à infuser dans le niveau général des prix des principales économies mondiales, où des indicateurs publiés ces dernières semaines montrent une progression de l'inflation, de l'Asie à l'Amérique du Nord, en passant par l'Europe.
Dans ce contexte, "les investisseurs craignent de voir les banques centrales relever les taux", explique Alexandre Baradez, responsable de l'analyse de marché pour IG France.
Interrogée en marge du G7 Finances sur ce mouvement de hausse des taux, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a voulu rassurer, disant qu'être "toujours préoccupée, c'est (son) job !"
Joachim Nagel, le président de la banque centrale allemande, a assuré pour sa part que l'institution pouvait "faire beaucoup, voire tout ce qui est en (son) pouvoir, pour apaiser les marchés et créer une dynamique positive".
- Les Bourses à tâtons -
Sur le terrain, la situation reste tendue.
Téhéran a certes répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis: "nos préoccupations ont été transmises à la partie américaine", a déclaré le ministère des Affaires étrangères, ajoutant que les échanges se poursuivaient "via le médiateur pakistanais".
Mais dimanche, le président américain Donald Trump a proféré de nouvelles menaces contre l'Iran, tandis qu'un drone s'est abattu près d'un site nucléaire aux Emirats arabes unis ce week-end.
Dans ce contexte d'incertitudes, à la Bourse de New York, le Nasdaq des valeurs technologiques (+0,25%), le S&P 500 (+0,28%) et le Dow Jones (+0,42%) progressaient après des débuts hésitants.
Peu avant 14H00 GMT, Francfort progressait franchement (+1,79%), mieux que Londres (+1,21%) et Paris (+0,61%). Milan reculait (-0,79%).
Cette semaine, sur les Bourses, seuls les résultats trimestriels du géant Nvidia, première capitalisation mondiale, attendus mercredi soir après la clôture de Wall Street, "devraient susciter de l'attente", note Andreas Lipkow pour CMC Markets.
Côté changes, le dollar, monnaie internationale sur le marché pétrolier et qui joue son rôle de valeur refuge depuis le début de la guerre au Moyen Orient restait stable, cédant 0,02% face à l'euro à 1,1628 dollar pour un euro.
J.Goergen--LiLuX