Allemagne: une ex-membre de la RAF condamnée à 13 ans de prison pour des braquages
Une ex-membre de la Fraction armée rouge (RAF), arrêtée en février 2024 après 30 ans de cavale, a été condamnée mercredi à 13 ans de prison pour une série de braquages à main armée commis après la dissolution du groupe d'extrême gauche.
Daniela Klette, 67 ans, appartient à la troisième génération de l'organisation qui avait ébranlé la République fédérale d'Allemagne (RFA) par des attentats, enlèvements, et assassinats commis au nom de la lutte anti-impérialiste et qui s'était auto-dissoute en 1998.
Mme Klette comparaissait pour des braquages commis entre 1999 et 2016 avec des complices, Burkhard Garweg et Ernst-Volker Staub, deux autres anciens membres présumés de la RAF toujours en fuite, pour financer leur vie clandestine.
Le tribunal dispose de plusieurs preuves que Mme Klette et ses deux complices se connaissaient très bien, des photos privées et des traces ADN notamment.
Ils considéraient tout cela comme "leur travail" et s’assuraient ainsi une source de revenus, a ajouté M. Engelke.
Les cibles étaient des fourgons blindés et les caisses des grands supermarchés, principalement dans le Land de Basse-Saxe (nord).
Selon l'accusation, le butin total s'élevait à 2,4 millions d'euros.
A l'annonce du jugement, une certaine agitation s'est fait sentir parmi la cinquantaine de personnes présentes dans la salle et des cris de "Liberté pour Daniela" ont retenti, selon un journaliste de l'AFP présent dans la salle.
Mme Klette avait été arrêtée il y a un peu plus de deux ans dans un appartement berlinois du quartier bohème de Kreuzberg, où elle a longtemps vécu sous une fausse identité, une vie dans la clandestinité qu'elle a appréciée, selon ses propres dires.
- Aucun remords -
Pendant de nombreux braquages, Mme Klette aurait joué le rôle de chauffeur et elle aurait tenu un faux bazooka "d'apparence réaliste".
Mme Klette est également poursuivie pour sa participation à trois attentats, motivés politiquement, entre 1990 et 1993, avant la dissolution de la RAF.
Ces trois attaques font l'objet d'une procédure séparée.
Dans le détail, Daniela Klette aurait installé des explosifs devant le bâtiment administratif de la Deutsche Bank en banlieue de Francfort (centre) en 1990, tiré sur l'ambassade des États-Unis à Bonn (ouest) en 1991 et participé à un attentat à l'explosif contre une prison du sud de l'Allemagne en 1993.
La police recherche toujours les deux complices de Mme Klette, MM. Garweg et Staub.
Durant l'ensemble de la procédure, Mme Klette n'a manifesté aucun remords, selon le ministère public.
Les témoins et victimes des braquages ont fait part des lourdes conséquences psychiques de ce qu'ils ont subi, indiquant parfois qu'une vie normale n'était plus possible en raison des traumatismes.
Ayant pour sigle une étoile rouge avec un pistolet mitrailleur, la RAF est jugée responsable d'une trentaine d'assassinats entre 1971 et 1991.
Issue de la frange radicale du mouvement étudiant de 1968 et connue sous le nom de "Bande à Baader-Meinhof" - les patronymes de ses fondateurs Andreas Baader et Ulrike Meinhof -, la RAF prônait une "guérilla urbaine" contre le gouvernement et l'élite allemande.
Ses principaux leaders, dont Meinhof et Baader, se sont suicidés en prison dans les années 70. Les actes de la RAF ont fait 34 morts, avant que le groupe ne se dissolve de lui-même en avril 1998.
L.Majerus--LiLuX