Niger: des échanges de tirs se poursuivent à Niamey
Des tirs et des détonations sont toujours entendus samedi matin dans la capitale du Niger, Niamey, notamment autour de la base militaire attenante à l'aéroport international, un point névralgique du régime au pouvoir depuis le putsch de juillet 2023.
Le Niger est dirigé depuis cette date par une junte qui a repoussé à deux reprises, en janvier et en juin, des attaques jihadistes contre l'aéroport.
L'origine des tirs reste inconnue samedi matin mais les incidents semblent d'une ampleur plus importante qu'en janvier et en juin, quand les jihadistes avaient été repoussés en quelques heures par l'armée nigérienne et n'avaient pas ciblé d'autres quartiers que la zone de l'aéroport.
"Face aux évènements en cours, gardons notre calme et évitons de relayer des informations non vérifiées. Nos forces de défense et de sécurité sont mobilisées pour la défense de la patrie", a affirmé samedi matin le régime militaire sur ses pages officielles sur les réseaux sociaux.
Selon des riverains, des "tirs nourris et des détonations au niveau de la base 101" ont débuté dans la nuit, vers 01H00 (00H00 GMT).
Un habitant de la zone, joint au téléphone, a affirmé à l'AFP avoir été témoin de "rafales de tirs" samedi matin, après 07H00.
"Je suis allé chercher du crédit pour mon téléphone. J'ai vu un véhicule militaire qui se dirigeait vers la base et qui a dû faire demi-tour. Les armes qu'on entend, ce ne sont pas des armes que des terroristes à moto peuvent transporter. Les combats continuent sans arrêt depuis la nuit", a-t-il ajouté.
Un habitant d'un autre quartier, Koira Kano, dans l'ouest de la capitale a de son côté affirmé vers 05H00 (04H00 GMT) avoir entendu des tirs sporadiques d'armes légères.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs publications ont également évoqué des tirs et explosions en ville, notamment dans la zone administrative qui abrite le palais présidentiel et la télévision nationale.
D'autres publications montraient des véhicules blindés déployés en renfort dans un quartier proche de l'aéroport.
- Etat islamique et JNIM -
L'aéroport de Niamey a été ciblé deux fois cette année par des jihadistes, d'abord par l'Etat islamique en janvier, puis fin juin par leurs rivaux du JNIM, la branche sahélienne d'Al-Qaida. En juin, 11 soldats et deux civils avaient été tués.
En janvier, le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu d'un coup d'Etat en juillet 2023, avait évoqué "une faille dans le dispositif" sécuritaire qui avait "permis l'attaque", dont "l'objectif était de détruire toutes les capacités aériennes" de l'armée.
La base 101 de l'armée de l'air, située dans le complexe de l'aéroport international abrite notamment le quartier général des partenaires russes de Niamey, Africa Corps, ainsi que l'état-major de la force unifiée de l'Alliance des Etats du Sahel que le Niger forme avec le Burkina Faso et le Mali.
Le site est sensible: entre décembre et janvier, il accueillait une importante cargaison de concentré d'uranium, bloquée en attendant d'être exportée. Aucun mouvement de cette cargaison n'a été identifié depuis.
Le Niger, aujourd'hui gouverné par un régime militaire arrivé au pouvoir en juillet 2023 par un putsch, fait face depuis le milieu des années 2010 aux jihadistes, comme ses voisins le Burkina Faso et le Mali.
Les attaques meurtrières visant civils et militaires restent récurrentes au Niger, en particulier dans la région de Tillabéri, à la frontière du Mali et du Burkina Faso.
Les trois pays, tous gouvernés par des juntes, ont formé une confédération, l'Alliance des Etats du Sahel (AES), et ont notamment tourné le dos à la France, leur ancien partenaire-clé dans la lutte anti-jihadiste pour se rapprocher de la Russie.
La junte de Niamey accuse régulièrement l'ex-puissance coloniale de financer les jihadistes pour le déstabiliser, ce que Paris nie.
En avril, le JNIM avait durement frappé le Mali voisin, également gouverné par une junte, jusque dans la capitale Bamako.
C.Rastoder--LiLuX