Budget : pour les syndicats, le pouvoir d'achat au cœur des enjeux
Trouver des économies, mais pas sur le dos de ceux qui travaillent : à l'approche de la présentation du budget 2027, les syndicats avancent leurs positions, plaçant le pouvoir d'achat et le modèle social au cœur des enjeux.
"Il faut tout faire pour empêcher un budget régressif pour les travailleurs et les travailleuses", a prévenu la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, il y a quelques jours sur France2.
Pour Marylise Léon, tête de la CFDT, "on ne peut pas, aujourd'hui, nier le fait qu'il y ait une situation budgétaire inquiétante", mais les "efforts partagés" doivent être la base des discussions budgétaires.
"Il n'y a pas de réponse unique", a prévenu jeudi la responsable de la première organisation syndicale en France, reçue par l'Association des journalistes de l'information sociale (AJIS).
La CFDT avance les idées d'une "augmentation d'un point de la CSG", d'une "réforme des impôts de succession", progressifs et sur tous les héritages, ou encore d'une remise à plat du pacte Dutreil, sur la transmission des entreprises familiales, une piste déjà repoussée par le ministre de l'Economie, Roland Lescure.
En revanche est rejetée la piste de baisser les cotisations prélevées sur le salaire brut pour relever le net, comme dans le cas de la TVA sociale chère au Medef : c'est "regarder les enjeux du pouvoir d'achat vraiment avec le petit bout de la lorgnette" pour Marylise Léon, "un énorme enfumage" pour Sophie Binet.
Idem pour celles d'une sous-indexation des retraites ou d'un moindre remboursement des arrêts maladies, arlésiennes des discussions budgétaires. "Tant qu'on optera pour une réponse punitive, on ne résoudra pas le problème", a considéré Marylise Léon.
- "Nous, on sera là" -
La question du pouvoir d'achat sera au cœur du premier appel intersyndical de la rentrée, avec une journée de mobilisation prévue le 29 septembre pour la fonction publique, qui tiendra ses élections professionnelles en décembre.
"La première priorité des citoyens français, c'est leur rémunération, leur salaire", a ainsi insisté Frédéric Souillot, secrétaire général de FO, lors d'un colloque organisé au Sénat vendredi.
En arrière-plan des négociations budgétaires se trouve la volonté des syndicats de peser sur les programmes des candidats à l'élection présidentielle et d'éviter l'anesthésie du dialogue social pendant les mois de campagne.
Moquant un "concours Lépine des mauvaises idées" dans un système politique désormais "d'élection permanente", qui va "de réforme en réforme", Frédéric Souillot a plaidé pour que les sujets de négociation soient de nouveau davantage confiés aux partenaires sociaux.
"On a vraiment une responsabilité collective à retrouver du sens, à se dire: +Pourquoi on a un modèle social ?+ C'est pour qu'on ait un pays qui fonctionne bien, une économie qui fonctionne bien", a également estimé Christelle Thieffinne de la CFE-CGC au Sénat vendredi.
La nouvelle présidente du syndicat de l'encadrement a estimé que "quand on parle de dette, on doit avant tout s'attaquer à une dette de confiance" des citoyens.
Les syndicats insistent pour se placer comme "acteurs du temps long", alors que de premières discussions avec le patronat ont eu lieu pour établir un agenda social autonome, indépendant des discussions budgétaires et des échéances électorales.
"S'il y a bien une chose dont on est sûr, c'est que nous, on sera tous là en juin 2027", a souligné Marylise Léon.
E.Scholtes--LiLuX