Zelensky rencontre Witkoff à Oslo pour remettre la diplomatie sur les rails
Volodymyr Zelensky s'entretient avec les émissaires américains ainsi que les dirigeants norvégien et finlandais mardi en Norvège afin, selon Oslo, de remettre la diplomatie "sur une voie plus constructive" à un moment de fortes crispations entre Kiev et Washington.
"L'Ukraine travaille pour la paix. Je remercie nos partenaires pour leur soutien", a affirmé le président ukrainien sur ses réseaux sociaux.
Le texte est accompagné d'une vidéo, tournée dans la résidence officielle du gouvernement norvégien et le montrant donner l'accolade à l'émissaire de la présidence américaine, Steve Witkoff. Les deux hommes posent ensuite avec le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre, et le président finlandais, Alexander Stubb.
Les relations entre l'Ukraine et les États-Unis se sont détériorées depuis que le président Donald Trump a conclu avec Vladimir Poutine un accord sur l'achat de diesel russe, et fustigé M. Zelensky en raison des attaques ukrainiennes contre des raffineries en Russie.
Le président ukrainien accuse les États-Unis de retarder à dessein la livraison prévue de missiles intercepteurs, essentiels pour se prémunir contre les tirs de missiles et drones russes, et qui font cruellement défaut à son armée.
Selon une photo de l'agence NTB, l'autre émissaire américain, Jared Kushner, participe également à la rencontre d'Oslo, mais à distance pour cause de maladie.
"L'objectif est d'orienter les efforts diplomatiques sur une voie plus constructive", a déclaré M. Støre dans un communiqué mardi matin.
MM. Zelensky, Støre et Stubb doivent donner une conférence de presse aux alentours de 19H15 (17H15 GMT).
- Tensions avec Washington -
En amont de la rencontre, M. Zelensky a dit avoir eu un échange "substantiel" avec le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, sur Starlink et les livraisons de missiles intercepteurs.
Lundi, devant des sénateurs américains, il avait assuré que "le Pentagone retarde la livraison de missiles déjà payés" par les Européens et tarde aussi à autoriser le transfert de missiles provenant de leurs propres stocks.
Les frappes menées par la Russie et l'Ukraine contre leurs infrastructures énergétiques respectives alimentent à Kiev les craintes d'un nouvel hiver rude.
M. Zelensky s'inquiète également de limitations dans le partage du renseignement américain et du fait que la connexion au réseau Starshield de SpaceX reste limitée sur certaines zones du front.
"Rien n'est délibérément refusé" à l'Ukraine, a affirmé mardi M. Rubio depuis Bombay, la capitale économique indienne.
Après Oslo, M. Witkoff doit se rendre en Russie "où il espère rencontrer le président Vladimir Poutine et lui présenter des idées", selon le média Axios, citant un responsable américain anonyme.
"Nous espérons qu'il sera possible d'organiser une rencontre dans un avenir très proche", a déclaré mardi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
- Rencontre États-Unis, Russie et Chine ? -
Donald Trump accuse Volodymyr Zelensky d'alimenter la flambée mondiale des prix du carburant en visant les raffineries russes, et estime qu'il n'œuvre pas à une fin du conflit.
"Honnêtement, je pense qu'il est temps que quelqu'un d'autre négocie au nom de l'Ukraine", a encore intimé lundi le président américain, qui s'est également dit prêt à rencontrer prochainement ses homologues russe et chinois.
"Je le ferais, pas tant pour l'Ukraine parce que, franchement, la Russie a été bien sur l'Ukraine. Ils n'ont pas fait grand-chose récemment", a-t-il déclaré devant la presse, disant vouloir aborder d'autres sujets comme la "dénucléarisation".
Selon M. Peskov, une rencontre a "effectivement été évoquée", les trois dirigeants étant attendus en Chine pour un sommet économique les 18 et 19 novembre.
Des frappes russes ont fait au moins sept morts dans la région de Kiev et à Kramatorsk, importante ville de l'est de l'Ukraine proche de la ligne de front, ont annoncé mardi les autorités.
Une frappe russe contre un hôpital de la capitale ukrainienne a détruit le bloc opératoire et fait un blessé, a aussi dénoncé le Premier ministre ukrainien, Sergiï Koretsky.
B.Diederich--LiLuX