Trophée Jules Verne: au Cap Horn, Coville a repris un peu d'avance sur Joyon
Le maxi-trimaran Sodebo de Thomas Coville, en pleine quête du Trophée Jules-Verne, a entamé dans la nuit de samedi à dimanche sa remontée de l'Atlantique après avoir enroulé le Cap Horn avec une avance d'une dizaine d'heures sur Francis Joyon (Idec Sport), détenteur du record du Tour du monde.
Parti de la pointe bretonne le 15 décembre, l'Ultim de 32 mètres de long a doublé la pointe sud du continent américain -troisième et dernier cap majeur de son parcours- au coucher du soleil (01h47 à Paris, GMT+1) en établissant au passage un nouveau record de la traversée du Pacifique en 7 jours, 12 heures et 12 minutes, selon le pointage de l'équipe à terre. Sodebo améliore de trois heures le temps de référence établi en 2017 par François Gabart.
"On vient de passer le cap Horn sur Sodebo... C'est plus qu'un cap cet endroit, c'est tout ce qui s'est passé avant qui vient de se libérer et qui crée une émotion individuelle et collective", a commenté Coville dans un message audio relayé par son équipe.
"J'y ai consacré 12 passages et à chaque fois je viens chercher ça, je viens me nourrir de ça, je me dis que, dans le monde dans lequel on est, ces moments-là sont rares et faisables et donnent, comme ce phare, une lueur d'espoir", a ajouté le marin de 57 ans, visiblement ému.
Si Coville était déjà cap-hornier, ses six équipiers (Benjamin Schwartz, Nicolas Troussel, Frédéric Denis, Guillaume Pirouelle, Pierre Leboucher et Léonard Legrand) le sont, eux, devenus.
"Le Cap Horn, c'est tout un symbole car c'est la sortie du tunnel des mers du Sud et le retour dans des conditions plus clémentes", a observé Schwartz.
- Route plus longue que Joyon -
Sodebo aura mis deux grosses semaines pour avaler les redoutables mers du Sud, en parvenant à rester en avance sur le temps de passage d'Idec Sport, qui avait battu en 2017 le record du Trophée Jules-Verne.
Coville avait passé le Cap de Bonne-Espérance le 26 décembre avec une confortable avance d'un jour et 19 heures sur Joyon mais celle-ci était tombée à 1 h 56 min au passage de la Tasmanie. Le skipper de Sodebo a donc été plus efficace dans le Pacifique.
Depuis le début de sa tentative de record, Sodebo a avalé 19.781 milles (36.634 km), soit 1.449 milles de plus qu'Idec Sport, maintenant ainsi une moyenne plus élevée que le multicoque de Joyon.
Désormais dans la remontée de l'Atlantique, l'équipage de Sodebo n'a plus qu'un seul objectif: être de retour sur la ligne au large d'Ouessant avant le 25 janvier, à 20 h 31 min 35 secondes pour battre ce record.
Rien n'est cependant acquis, car si le mercure va remonter au fil de la progression dans l'Atlantique, le trajet le long des côtes argentines puis uruguayennes est souvent piégeux.
Plusieurs dépressions sont actuellement en formation et Sodebo pourrait opter pour une route Est, précise dans un communiqué l'écurie, convaincue que le multicoque a devant lui "la partie la plus compliquée de cette tentative de record".
Après avoir mis 26 jours et 4 heures pour atteindre le Horn, l'objectif est de boucler la boucle en moins de 40 jours et 23 heures, le record de Joyon en 2017.
D.Adrovic--LiLuX