JO: Klaebo refait l'histoire des Jeux, les Bleus écrivent la leur
Du jamais vu! L'équipe de France de ski de fond, emmenée par un Mathis Desloges encore impressionnant, a décroché une troisième médaille d'argent lors des JO de Milan Cortina, en relais derrière la Norvège de Johannes Klaebo, devenu l'athlète le plus titré des Jeux d'hiver avec neuf médailles d'or.
A 23 ans, Desloges monte pour la troisième fois sur la deuxième marche du podium, après ses prouesses dans le skiathlon et le 10 km individuel, une performance inédite pour un fondeur français aux Jeux.
"C'est largement la plus belle parce qu'elle est partagée avec les trois coéquipiers qui ont fait le relais mais aussi avec tous ceux qui sont derrière l'équipe de France, le staff, les techniciens qui bossent sur les skis, les coachs... Elle représente beaucoup plus que juste quatre personnes qui font une course", a réagi le skieur de Villard-de-Lans en zone mixte.
C'est une performance historique aux Jeux pour les fondeurs français qui, au mieux, avaient remporté deux médailles - en bronze - en une édition lors des JO-2018 en Corée du Sud, avec des troisièmes places dans le sprint par équipes et le relais.
"C'est incroyable ce qu'on vit là en ce moment et ça fait tellement plaisir pour le ski de fond français d'être un peu mis en lumière", a souligné Hugo Lapalus, le plus expérimenté des quatre à 27 ans et le seul à avoir déjà participé aux Jeux.
Le Haut-Savoyard était de l'aventure il y a quatre ans à Pékin, marquée par une troisième médaille de bronze d'affilée en relais.
Mais cette année, les Bleus ont changé de dimension. "Il n'y a plus cette pensée d'avant qui consistait à se dire: +Ok c'est impossible, on va juste se contenter d'être deuxième+", insiste Lapalus qui veut "tout faire" pour battre les Norvégiens en 2030 lors des Jeux dans les Alpes françaises.
Pour le fondeur de La Clusaz, les coups d'éclat de Desloges ont "galvanisé" l'équipe. Avec le jeune Isérois, les Bleus se sont trouvé un leader qui a assumé son statut dimanche, en replaçant son équipe de la quatrième à la deuxième position dans le troisième relais.
Et ses deux autres partenaires, Théo Schély (26 ans) et Victor Lovera (25 ans), premier et dernier relayeurs, ont apporté leur pierre à l'édifice pour obtenir l'argent, devant l'Italie en bronze.
- les jambes "dures" de Lovera -
Lovera, qui avait la responsabilité de finir le boulot, a reconnu avoir "eu peur dans les virages" et "les jambes dures" mais tout s'est bien terminé et il a vécu "beaucoup d'émotions" en portant le drapeau français dans les derniers mètres, après que Klaebo a passé la ligne d'arrivée en premier.
Seul désormais au sommet du palmarès des JO, le Norvégien dépasse ses trois compatriotes, les ex-fondeurs Marit Bjoergen et Bjoern Daehlie et l'ancien biathlète Ole Einar Bjoerndalen (huit titres), qu'il avait rejoints vendredi en remportant le 10 km individuel.
Sous un ciel radieux, après la pluie de samedi et de nombreuses chutes des athlètes dans le relais féminin, la Norvège a fait la course en tête. Bien aidé par le travail de ses partenaires Emil Iversen, Martin Nyenget et Einar Hedegart, Klaebo, a géré l'avance de son équipe sans prendre de risques.
- Klaebo loue son grand-père -
Après cette quatrième médaille d'or en Italie, la "comète" (son surnom) de Trondheim a rendu hommage à son grand-père, qui l'entraîne depuis ses 15 ans et qui reste, à 83 ans, "la personne la plus innovante" dans sa manière d'aborder le ski de fond.
"Je ne serais pas ici sans lui", a souligné le Norvégien, qui se rapproche du "Grand Chelem, c'est-à-dire remporter les six courses au programme des JO.
Klaebo l'a déjà fait lors des derniers Mondiaux, organisés dans sa ville l'an passé.
En Italie, il reste deux épreuves de ski de fond: le sprint par équipes mercredi et le 50 kilomètres samedi. Klaebo peut-il faire une razzia?
"Bien sûr qu'il peut y arriver!", assure son coéquipier Martin Nyenget. "Il est sur le bon chemin et en super forme. Rien n'est impossible pour Johannes."
L.Majerus--LiLuX