Le volley "a besoin que les Français reviennent", dit le néo-Tourangeau Earvin Ngapeth
Earvin Ngapeth, de retour en France dans le club de ses débuts professionnels, le Tours Volley-Ball, estime que le volley "a besoin que les Français reviennent" dans l'Hexagone pour rayonner.
Question: Ce retour en France au TVB où vous avez débuté est-ce une façon pour vous, à 35 ans, de retrouver la flamme ?
Réponse: "C'est vrai que ça fait 15 ans que je suis parti à l'étranger, je sens forcément un peu de lassitude. Il me fallait un projet qui me tienne à cœur, qui me parle. Et forcément, le retour en France, le TVB, c'est la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Revenir déjà dans un microcosme que je connais (...) c'est quelque chose qui va me faire du bien. Et puis c'est le volley français aussi qui est un peu en jeu. Aujourd'hui, on a besoin de cette image-là, on a besoin que les joueurs français reviennent en France pour faire rayonner le volley français".
Q: Vous avez le sentiment que le volley français n'a peut-être pas capitalisé autant qu'il aurait pu sur le double titre de champion olympique ?
R: "Franchement, je ne sais pas. Il y a des clubs qui essayent de faire des choses et après, il y a la réalité financière. Pour combattre avec les grosses écuries, aujourd'hui, il faudrait qu'il y ait un changement radical et je pense qu'aujourd'hui, c'est trop compliqué. Moi, je vois beaucoup d'enthousiasme autour du championnat. Je vois des salles qui sont relativement pleines à chaque fois. Il y a quand même des choses qui ont évolué en bien. Mais aujourd'hui, je pense que c'est une grosse étape. Moi, j'ai signé, autour de moi, il y a vraiment une équipe costaud qui a été faite. Le club a vraiment fait un effort. Donc, ça va être important de gagner"
Q: Revenir en France, c'est aussi un sacrifice financier, c'est une façon de rendre au volley français ce qu'il vous a donné ?
R: "Il y a de ça, forcément. Mais j'ai 35 ans. Qu'est-ce qui va m'animer aujourd'hui ? C'est pas d'aller dans un championnat polonais ou italien. Alors oui, un petit effort financier de ma part, c'est certain. Mais par contre, je sais que je suis dans un endroit où je vais avoir envie de mettre du cœur. Et ça, aujourd'hui, c'est plus important".
Q: Vous avez décidé, comme d'autres cadres, de faire l'impasse sur l'équipe de France cet été. C'est un pari nécessaire mais un peu risqué de votre part ?
Q: "C'est sûr que c'est un risque. Après, c'est à nous - ceux qui ont décidé de faire une pause -, d'être performants cette saison pour revenir l'été prochain et qu'il n'y ait pas de débat. Après, il y a des jeunes Français qui poussent. Si on veut faire une autre médaille à Los Angeles, ça passe par l'intégration de jeunes qui ont besoin d'avoir du temps de jeu. Je pense que ça peut être aussi une bonne chose pour le futur. Nous, on a fait une petite impasse pour que les plus jeunes prennent de l'expérience sur la scène internationale. Et ça, ça va être bien".
Q: Quand Benjamin Toniutti a annoncé sa retraite internationale, vous vous êtes posé la question pour vous ou pas du tout ?
R: "Benjamin nous parlait depuis un petit bout de temps quand même du fait qu'après Paris, il arrêterait. C'est bizarre. Ça a été mon capitaine toute ma carrière en équipe de France, depuis qu'on est jeunes. Mais Benjamin a d'autres objectifs aussi. C'est pareil, il est parti à l'étranger assez rapidement. La vie de famille, c'est compliqué. Aujourd'hui, je le vois. Rien que d'amener ses enfants à l'école, c'est quelque chose qu'on n'a pas l'habitude de faire parce qu'on est aux quatre coins du monde. Je comprends évidemment ce besoin mais j'ai rapidement eu envie de dire que j'allais faire Los Angeles. Après, c'est à moi de me donner les moyens physiques, avec le club, de faire une bonne saison pour revenir en équipe de France".
Propos recueillis par Frédéric Happe
P.Ries--LiLuX