L'UFC à la Maison Blanche, une "belle vitrine" pour le MMA, estime Ciryl Gane
Le Français Ciryl Gane, qui s'apprête à combattre à la Maison Blanche, affirme faire "abstraction" de l'aspect politique de la soirée organisée pour l'anniversaire de Donald Trump et veut surtout profiter de la "vitrine" offerte par l'événement, explique-t-il dans un entretien accordé à l'AFP.
Sept mois après son combat arrêté contre Tom Aspinall pour la ceinture des lourds de l'UFC, Gane affronte le 14 juin prochain la star brésilienne Alex Pereira, monté de la catégorie inférieure, pour le titre intérimaire.
QUESTION: Vous allez disputer un combat pour la ceinture intérimaire des lourds. Quelle importance revêt ce combat dans votre carrière?
REPONSE: "C'est vrai que ce n'est pas la ceinture incontestée mais elle a une saveur de ceinture incontestée. Elle a une saveur de grandeur, surtout par rapport à l'événement, par rapport au champion que j'affronte. C'est pour ça qu'on est vraiment concentrés sur l'événement, sur l'ampleur de l'événement, sur l'ampleur du champion qu'on va affronter. Cette ceinture-là, ce sera la ceinture intérimaire, mais elle voudra dire un peu plus quand même."
Q: Avez-vous réussi à évacuer facilement la frustration de votre dernier combat?
R: "Ça a été très rapide. C'était surtout décevant de ne pas aller au terme. En plus, le combat se passait bien, il y avait beaucoup d'enjeu et il y avait eu beaucoup de préparation et de sacrifices en amont. Du coup, il y a eu une frustration. J'étais comme un petit garçon qui avait besoin d'évacuer ses émotions. Mais après ça, je suis rentré voir ma femme et mes enfants. J'étais en bonne santé. Je me suis dit: +Tout va bien+. Et la semaine d'après, j'étais de retour à l'entraînement."
Q: Face à Alex Pereira, qui disputera son premier combat chez les lourds, vous estimez-vous favori?
R: "Pour moi, c'est toujours la même chose. Je prépare tous mes combats de la même manière. Je monte dans la cage toujours de la même manière, en me disant que tout peut arriver. C'est du 50-50. Maintenant, je suis conscient que c'est ma catégorie de prédilection et que ce n'est pas la sienne. Même si je sais qu'il a une facilité à venir chez les lourds. Je pense que ce sera un très bel athlète en poids lourd également. Je vois beaucoup de gens parler de physique, qu'il serait un peu gras... En +heavyweight+, tout le monde n'a pas d'abdos et ce n'est pas pour autant que les gars ne sont pas méchants. Donc ça ne veut absolument rien dire."
Q: Vous vous êtes rendus à la Maison Blanche il y a quelques semaines et avez même posé avec Donald Trump dans le Bureau ovale. Comment avez-vous vécu cette expérience?
R: "C'était étrange comme sentiment. On a l'habitude, grâce à notre métier, de faire de grandes choses. Mais c'est vrai que c'était assez spécial parce qu'on sait que tout le monde n'a pas accès à cet endroit-là. C'était un sentiment un peu irréel de partir de France, d'arriver dans le bureau (de Donald Trump) le lendemain et de me dire que les gens du monde entier allaient me regarder derrière lui. C'était drôle."
Q: Cet événement, organisé à la Maison Blanche le jour de l'anniversaire de Donald Trump et pour célébrer les 250 ans des Etats-Unis, portera forcément une dimension politique. Comment envisagez-vous cela?
R: "Je n'ai pas d'autre choix que de faire abstraction (de l'aspect politique). Je ne suis pas quelqu'un qui se place politiquement parlant. Mais dans tout ce qui est lié à la politique, je pense qu'il y a toujours de la récupération. Une ou deux fois, on a fait de la récupération avec moi, que ce soit dans la politique ou ailleurs. Que j'aille à gauche, à droite, etc. Je passe dans un restaurant, je mange, on me demande une petite photo... C'est toujours de la récupération. (Cet événement) est une très belle vitrine pour le MMA donc on se doit de jouer le jeu. On n'est pas du tout dans de la politique (mais) on a cette chance d'être exposé aux yeux du monde, on doit la saisir."
Propos recueillis par Diane FALCONER
A.W.Flammang--LiLuX