Mondial-2026: Bradley Barcola, la relance au bon moment
En concurrence avec Désiré Doué pour occuper l'aile gauche de l'équipe de France, Bradley Barcola est un des rares remplaçants de Didier Deschamps à pouvoir prétendre à une place de titulaire chez les Bleus contre l'Irak lundi à Philadelphie.
Deux minutes et onze secondes auront suffi à tout relancer. Entré en jeu à la 80e minute du match France-Sénégal (3-1), alors que les Bleus ne menaient que 1-0, Barcola a profité d'une passe en profondeur d'Adrien Rabiot pour faire ce qu'il fait de mieux: déposer Kalidou Koulibaly et battre d'un petit piqué Edouard Mendy (2-0, 82e).
L'ailier du Paris-SG, 23 ans, n'a pas simplement mis ses coéquipiers à l'abri d'un retour des Lions de la Teranga, il s'est aussi posé comme une alternative crédible aux quatre fantastiques de l'attaque française (Kylian Mbappé, Michael Olise, Ousmane Dembélé et Désiré Doué).
En balance constante avec Doué, en équipe de France ou au Paris Saint-Germain, l'entrée fracassante de l'ancien Lyonnais sur la pelouse du Metlife Stadium d'East Rutherford, en banlieue de New-York, à la place de Ousmane Dembélé, a offert une option intéressante à Didier Deschamps en attaque. Une de plus.
La sortie du Ballon d'Or, bien moins à l'aise en bleu qu'avec le PSG, a fait basculer Désiré Doué sur l'aile droite, Barcola occupant le côté gauche, quand Michael Olise a conservé l'axe qu'il occupait depuis le début de la seconde période. En dix minutes, les Français ont inscrit deux buts.
- "Barco a fait mal" -
"On a pu dérouler un peu plus après avoir changé le placement d'Ousmane (Dembélé) et Michael (Olise), ça a changé pas mal de choses", a convenu Deschamps après le match.
"Barco (Bradley Barcola), quand il est rentré a fait mal aussi, s'est félicité le sélectionneur des Bleus. Ce qu'il a fait aujourd'hui, c'est ce que doivent amener les autres. Quand on est sur le banc et qu'on entre, on doit apporter quelque chose. On aura besoin de ça".
"Quand je m'échauffais, je regardais beaucoup leur défense et je voyais que sur les contres, il y avait pas mal d'espace, a de son côté commenté le joueur. J'ai pu faire ce que je sais faire, j'ai pu finir et je suis content".
Didier Deschamps dispose d'un onze de départ clairement déterminé mais au sein d'une attaque pourtant enviée de tous, Bradley Barcola est un des rares à pouvoir inverser la hiérarchie et se muer en titulaire.
Peut-être contre l'Irak, l'équipe a priori la plus faible du groupe, dans un match qui doit entériner la qualification des Bleus pour les seizièmes de finale du Mondial américain.
- Stoppé net -
Ce n'est pas pour rien que les plus grosses écuries européennes s'intéressent de près au jeune ailier qui tarde à prolonger son bail avec le PSG, avec qui il est pourtant lié jusqu'en 2028.
Cela n'avait rien d'évident au début du printemps après une entorse à la cheville contractée lors du 8e de finale retour de Ligue des champions remporté par le PSG contre Chelsea (3-0).
Une blessure qui a stoppé net l'envol de "Barco" dans une saison où il aura alterné le bon et le moins bon: avant son entorse, il venait d'inscrire quatre buts durant les quatre dernières rencontres disputées en championnat et en C1. Après, il a dû attendre deux mois avant de retrouver le chemin des filets, lors de la dernière journée de Ligue 1 contre le Paris FC, malgré la défaite 2-1.
S'il n'a pas débuté la finale de la Ligue des champions à Budapest face à Arsenal, et s'il a laissé Désiré Doué s'installer sur l'aile gauche dans le money time de la saison parisienne et en équipe de France juste avant le Mondial, l'ancien Lyonnais est revenu à temps.
Son but contre le voisin du PFC lui aura permis de terminer seul meilleur buteur du PSG cette saison avec onze buts inscrits et montrer à tout le monde qu'il avait retrouvé son efficacité. Ses dix minutes contre le Sénégal l'ont confirmé.
P.Ries--LiLuX