Tour de France: nouvelle vague de contrôles antidopage dans plusieurs équipes
Plusieurs équipes du Tour de France, dont Red Bull Bora, Decathlon CMA CGM et Groupama-FDJ, ont reçu la visite des inspecteurs de l'International Testing Agency (ITA) lors de la journée de repos lundi soir pour des contrôles, a-t-on appris mardi auprès des différentes formations.
Contrairement à ceux subis en pleine nuit par Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar, jugés "inhumains" par de nombreux coureurs, les tests de lundi ont été effectués à des heures plus traditionnelles, dans la soirée, même si certains athlètes étaient déjà au lit.
"Nous aussi on a reçu une visite hier soir, certains coureurs dormaient déjà", a déclaré Ralph Denk, le manager de Red Bull-Bora-Hansgrohe à la chaîne de télévision allemande ZDF. Les huit coureurs de la formation allemande, dont le Belge Remco Evenepoel, deuxième du classement général, ont été contrôlés vers 22h00.
"Cela s'inscrit dans les plages de tests habituelles du matin ou du soir qui ont été appliquées tout au long du Tour et que de nombreuses équipes ont déjà connues. Il ne s'agit donc pas de tests nocturnes comme pour Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard", a déclaré un porte-parole de Red Bull Bora à l'AFP.
L'équipe Decathlon CMA CGM de Paul Seixas a, elle, reçu la visite des contrôleurs de l'ITA "en début de soirée", tout comme Groupama-FDJ dont l'ensemble des sept coureurs encore en course ont été testés vers 20h30.
Les formations Picnic, Jayco-AlUla, et Bahrain ont également été contrôlées.
Les contrôles sur le Tour de France sont effectués par l'International Testing Agency (ITA), un organisme indépendant auquel l'Union cycliste internationale (UCI) a délégué son programme antidopage en 2021.
Dans la nuit de samedi à dimanche, les agents de l'ITA ont procédé à des contrôles nocturnes qui ont fait beaucoup réagir dans le peloton en testant Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar à respectivement deux heures et cinq heures du matin.
Le Danois a ensuite abandonné sur chute dans l'étape de dimanche.
Plusieurs coureurs, dont Pogacar et Evenepoel, qui n'avait lui pas été réveillé, ont jugé "inhumain" des tests à de tels horaires.
Les contrôles antidopage ont généralement lieu entre 5 heures et 23 heures et l'ITA avait saisi un juge des libertés et de la détention de Paris pour recevoir l'autorisation de réaliser ces contrôles nocturnes, en application de l'article L.232-14-4 du code du sport.
- "Micro dosage" -
Selon le règlement antidopage de l'UCI, elle "devrait avoir des soupçons graves et spécifiques que le coureur puisse être impliqué dans des activités de dopage" pour réaliser des contrôles entre 23h et 5h du matin.
Tout en disant avoir "conscience" que les contrôles nocturnes pouvaient "perturber le repos et la récupération des coureurs", l'ITA a insisté que "des contrôles efficaces doivent, dans des circonstances limitées et justifiées, pouvoir avoir lieu en dehors des heures diurnes habituelles".
Lundi soir, le syndicat des coureurs professionnels (CPA) a dénoncé cette pratique qui "peut entraver la récupération des athlètes lors de la course la plus importante et la plus difficile du calendrier mondial et est en contradiction avec les objectifs recherchés".
Jonathan Vaughters, le patron de l'équipe EF Education, a en revanche applaudi ces tests nocturnes en écrivant sur X: "les contrôles à 2 heures du matin sont l'un des moyens les plus efficaces pour empêcher le micro dosage de peptides (EPO, hGH) et de testostérone".
Vaughters est un ancien coureur de l'US Postal de Lance Armstrong et avait avoué en 2012 s'être dopé avant de devenir un chantre de la lutte antidopage.
"Si l'UCI nous avait testé à deux heures du matin en 2001 nous aurions tous été suspendus et cela aurait évité au cyclisme 25 ans de scandales, a-t-il écrit. Il est malheureux que Tadej (Pogacar) et Jonas (Vinegaard) doivent payer pour les conneries qu'on a faites. Je devrais m'excuser auprès d'eux pour être honnête. Mais je préférerais perdre un peu de sommeil si cela permet de gagner en crédibilité."
P.O.Ferreira--LiLuX