L'Allemagne choisit Munich pour défendre ses chances d'organiser les JO en 2036, 2040 ou 2044
Candidate à l'organisation des Jeux olympiques d'été en 2036, 2040 ou 2044, l'Allemagne s'est rangée samedi derrière le dossier de Munich, compact et soutenu par la population locale, espérant profiter du rayonnement de la capitale bavaroise pour convaincre le CIO.
L'Allemagne a accueilli à trois reprises les Jeux olympiques, une fois en hiver en 1936 à Garmisch-Partenkirchen et deux fois en été. En 1936, l'édition organisée à Berlin avait été utilisée à des fin de propagande par l'Allemagne nazie.
En 1972, Munich avait organisé l'événement planétaire, marqué notamment par l'attentat contre la délégation israélienne au village olympique, faisant onze morts au sein de cette dernière.
Depuis 1972, l'Allemagne reste sur sept tentatives infructueuses, avec des échecs à différents niveaux (votes en session du CIO, dossier non retenu par l'instance olympique ou obstacle référendaire).
Signe de l'implication et du soutien au sommet de l'Etat, c'est le président de la République Frank-Walter Steinmeier qui a ouvert l'enveloppe contenant le nom du vainqueur de la course interne entre les deux derniers projets allemands encore en lice, Munich et Cologne.
C'est finalement Munich qui a réussi à convaincre une majorité absolue des membres du comité olympique allemand (DOSB) appelés à se prononcer samedi.
"L'Allemagne a un candidat. Munich va nous représenter dans cette course. (...) Nous nous avançons avec courage: l'Allemagne est capable d'organiser les Jeux olympiques", a réagi le chancelier Friedrich Merz.
Le dossier munichois est dessiné autour du parc olympique dans le nord de l'agglomération, héritage matériel des JO-1972 souvent cité en exemple, du centre-ville et de l'agglomération.
Dix jours avant la décision du DOSB, Munich avait obtenu coup sur coup l'organisation de la finale de la Ligue des champions de foot en 2028, pour la troisième fois à l'Allianz Arena après 2012 et 2025, et les Championnats du monde d'athlétisme, sport olympique N.1, en 2031 à l'Olympiastadion, preuve d'une attractivité et d'un rayonnement à l'international.
- Large soutien -
Fin octobre 2025, Munich avait été la première à se sortir de l'obstacle référendaire, qui avait coulé plusieurs candidatures allemandes dans un passé récent (Munich pour les JO d'hiver en 2022, Hambourg pour les JO d'été en 2024, notamment).
Avec une participation de 42%, deux tiers des Munichois (66,4%) avaient voté en faveur du projet, enthousiasmés par le succès populaire des Championnats d'Europe multisports à l'été 2022. Seul Cologne et les 16 autres villes du projet Rhin-Ruhr avaient obtenu un soutien similaire par votation (66% avec 32% de participation en moyenne).
Munich et le DOSB vont désormais poursuivre la phase de "dialogue continu" avec le Comité international olympique (CIO), jusqu'à une première sélection en mars 2027, basculant vers une phase de "dialogue stratégique" au cours de laquelle les dossiers retenus seront évalués de plus près et les villes-hôtes prétendantes seront visitées par une délégation du CIO.
Fin 2028, le CIO désignera un ou plusieurs "hôtes préférentiels", qui devront fournir une série de garanties puis seront départagés mi-2029 lors d'une session du CIO.
Rotation continentale oblige, les JO-2036 devraient revenir à l'Asie: la Turquie, l'Inde, le Qatar et la Corée du Sud sont ouvertement sur les rangs, même si le CIO avait annoncé il y a deux ans "un nombre à deux chiffres de parties intéressées par 2036 et 2040".
Le DOSB, soutenu par le gouvernement allemand, s'est lancé il y a plusieurs mois dans l'aventure d'une nouvelle candidature olympique pour les éditions estivales 2036, 2040 ou 2044. Les quatre plus grandes villes allemandes -Berlin, Hambourg, Munich et Cologne avec la région Rhin-Rhur- se sont portées candidates.
A la suite d'une consultation citoyenne négative fin mai 2026, Hambourg s'est retirée de la course. Les responsables de la candidature berlinoise, qui avaient exclu un référendum, ont jeté l'éponge jeudi après la victoire aux élections du parti de gauche radicale Die Linke opposé au projet.
O.Bernard--LiLuX