La Bourse de Paris touchée par le coup de semonce sur l'IA
La Bourse de Paris a terminé en baisse mardi, touchée par le coup de semonce mondial sur les valeurs de la tech et de l'IA, non entièrement compensé par d'autres secteurs ni par la baisse des prix du pétrole.
L'indice du CAC 40 a perdu 59,40 points (-0,71%) à 8.340,71 points. La veille, le panier des 40 principales valeurs français avait perdu 0,25%.
"Les valeurs technologiques expliquent largement le comportement du marché des actions", affirme à l'AFP Bastien Drut, responsable de la stratégie et de la recherche économique chez CPR Asset Management.
Les valeurs de la tech continuaient à baisser mardi à New York après leur chute de la veille. A Séoul, la Bourse a plongé de près de 10% emportée par ses deux valeurs vedettes Samsung Electronics et SK Hynix (semi-conducteurs).
En France, cette onde de choc sectorielle a provoqué un mouvement de vente du titre du fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics qui a perdu 8,53% à 63,47 euros sur le CAC 40.
Hors indice, Soitec (matériaux pour semi-conducteurs) a aussi reculé (-6,41% à 120,40 euros), à nuancer avec la progression du titre depuis le 1er janvier (+419,19%).
La chute lundi de l’action Space X (-16,43%) "ravive les doutes sur les niveaux de valorisation de nombreuses entreprises de semi-conducteurs et de technologie", résume Andreas Lipkow de CMC Markets.
"Dans une tendance haussière, il y a des moments de respiration des marchés", ajoute Bastien Drut, selon qui l'enthousiasme des marchés pour la tech "n'est pas remis en cause" pour autant.
Les valeurs de la tech encaissent sans doute "des prises de bénéfices, notamment à l’approche des résultats de Micron Technology aux Etats-Unis attendus mercredi soir", détaille Alexandre Baradez d'IG France.
Une autre raison de leur recul "se trouve sur le marché obligataire avec des taux qui restent élevés, notamment après un discours plus +hawkish+ (offensif) qu’attendu du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, mais également après les hausses de taux de la Banque du Japon ou encore de la Banque centrale européenne", ajoute-t-il.
En cas de relèvement des taux des Banques centrales, les investisseurs peuvent préférer le marché des obligations (bons d'Etat) à celui des actions.
Renault et Stellantis en baisse
Stellantis (-6,66% à 5,27 euros) et Renault (-4,31% à 26,62 euros) ont également souffert malgré la baisse continue des cours du pétrole et la publication d'une hausse des immatriculations de voitures neuves dans l'UE en mai, toujours tirées par les électriques qui dépassent les 20% de parts de marché sur les cinq premiers mois de l'année, selon les chiffres de l'ACEA.
Vers 19H00, le pétrole poursuivait sa décrue. Le baril de Brent de la Mer du Nord perdait 1,46% à 76,76 dollars et le WTI américain cédait 1,34% à 72,87 dollars.
E.Klein--LiLuX