Des sites du Hezbollah frappés à Beyrouth selon Israël, combats dans l'est du Liban
Israël a indiqué lundi matin avoir de nouveau ciblé le Hezbollah à Beyrouth, tandis que de violents combats font rage dans l'est du Liban, où le mouvement chiite pro-iranien a dit affronter des troupes israéliennes arrivées par hélicoptère.
Un journaliste de l'AFP à Beyrouth a entendu une forte explosion dans la banlieue sud de la capitale, fief du Hezbollah, et vu d'épais nuages de fumée dans ce quartier déjà bombardé par Israël au cours de la semaine écoulée.
Les forces israéliennes "ont frappé des infrastructures appartenant à l'organisation terroriste Hezbollah à Beyrouth", a indiqué juste après l'armée dans un bref communiqué au dixième jour de la guerre au Moyen-Orient.
Dans l'est, près de la frontière syrienne, l'agence de presse officielle libanaise Ani a fait état de "féroces combats" près du village de Nabi Chit. Ce dernier avait déjà ciblé dans la nuit de vendredi à samedi par des commandos israéliens venus tenter, sans succès, de récupérer le corps d'un aviateur israélien capturé en 1986.
Deux responsables du Hezbollah ont déclaré à l'AFP que le mouvement chiite libanais avait abattu un hélicoptère israélien dans la région de la Bekaa, où est situé Nabi Chit.
Dans un communiqué, le Hezbollah a indiqué que les soldats israéliens étaient arrivés à bord d'"environ 15 hélicoptères" peu après minuit heure locale (22H GMT).
"Les combattants de la Résistance islamique ont engagé le combat contre les hélicoptères et les forces infiltrées à l'aide d'armes appropriées", a écrit le mouvement.
L'armée israélienne n'a pas communiqué dans l'immédiat.
Plus tard, le Hezbollah a affirmé, sur Telegram, avoir repoussé des soldats israéliens qui avançaient vers les villes-frontière d'Odaisseh et Aïtaroun, dans le sud du Liban, à l'aide de roquettes et de mitrailleuses.
- Près de 400 morts au Liban -
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en revendiquant le 2 mars une attaque contre Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué dans les premières heures de l'opération américano-israélienne contre l'Iran et remplacé par son fils Mojtaba Khamenei.
Depuis, Israël a lancé une vaste campagne de frappes qui ont à nouveau visé dimanche la banlieue sud de Beyrouth, l'est du pays et le sud, où au moins 11 personnes ont été tuées dans un seul village, selon les autorités.
D'après le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, les frappes ont fait 394 morts, dont 83 enfants, en une semaine.
Vendredi soir, une première opération commando israélienne dans le village de Nabi Chit, situé au coeur d'une région contrôlée par le Hezbollah, avait fait 41 morts et des dégâts considérables.
L'armée israélienne avait affirmé que ses forces spéciales avaient mené cette opération pour retrouver le corps du pilote Ron Arad, capturé par des milices chiites en 1986 après s'être éjecté de son avion abattu au cours d'une mission contre l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Donné pour mort, son sort préoccupe depuis des décennies Israël, où le rapatriement des soldats disparus ou capturés est considéré comme un devoir national.
Dans la nuit de samedi à dimanche, Israël a par ailleurs frappé un hôtel dans le quartier de Raouché, sur le front de mer de Beyrouth, faisant quatre morts et dix blessés selon les autorités.
L'armée israélienne affirme avoir tué au cours de cette frappe cinq membres des Gardiens de la Révolution iranienne, dont trois "importants commandants" de la force Qods, la branche des opérations extérieures de l'organisation.
Un porte-parole militaire israélien a affirmé dimanche que l'armée a "visé environ 600 objectifs du Hezbollah et pu éliminer quelque 200" membres de la formation en une semaine.
R.Martins--LiLuX